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L'annonce de la mort du president du Venezuela, Hugo Chavez, n'a pas specialement montre la fin du tunnel pour la communaute juive persecutee de Caracas, qui craint de voir la montee des responsables extremistes et la degradation de la situation economique. "Dans le meilleur des cas, la reconstruction va etre longue", estiment les juifs venezueliens qui ont fait leur Alyah en Israel.

 

 

Le deuil s'est installe sur le Venezuela suite a l'annonce de la mort du president Hugo Chavez, et meme les juifs du pays le ressente, mais pour d'autres raisons. Ils ne sont pas desoles de la mort du dirigeant qui les a frappe, mais cette idee ne les aide pas a penser que la situation du Venezuela va s'ameliorer. "Chavez savait maitriser les extremistes, maintenant ils vont relever la tete", ont precise des ressortissants d'Amerique latine en rappelant leur craintes.

 

La communaute de Caracas, ou il y avait 25,000 juifs en 1998, ne compte plus aujourd'hui que 8,000 juifs. La plupart des juifs du Venezuela sont originaires du Maroc et sont devenus ici de riches hommes d'affaires. Depuis l'arrivee de Chavez au pouvoir ils ont souffert de persecution, qui n'ont fait qu'augmenter depuis la fermeture de l'ambassade israelienne qui a eu lieu pendant l'operation 'Oferet itsouka' (plomb durci) en 2009. Nombreux sont ceux qui ont immigre dans les autres pays qui parlent l'espagnol, aux Etats-Unis et meme en Israel. Aujourd'hui 1,500 ex-venezueliens vivent en Israel, principalement a Kfar-Saba, Raanana, Shoam et Herzliya.

 

צילום: רויטרס

 

"Penant les annees Chavez sont apparus de nouvelles choses, comme la haine de l'etranger et d'Israel", temoigne Sheryll Kampfer qui est arrivee du Venezuela en 1993. "La politique contre Israel a beaucoup influence le public, et beaucoup de juifs ont decide de partir. Sans les representations diplomatiques israeliennes les juifs se sont sentis de plus en plus menaces". Meme maintenant elle ne pense pas que les choses vont changer en une nuit : "il est evident pour tout le monde que meme dans le meilleur des cas, la periode de reconstruction et de reprise des liens avec le reste du monde va etre longue".

 

Le responsable de l'union des olims d'Amerique latine en Israel, Leon Amiras, confirme que ce sentiment est partage avec les juifs qui sont restes au Venezuela. "Lors de mes conversations avec les responsables communautaires, j'ai ete etonne d'entendre que la mort de Chavez ne leur a pas montre la lumiere au bout du tunnel. Chavez etait un dictateur au sens classique du sens, et malgre qu'il ne soit plus la, son parti va continuer d'etre au pouvoir puisque l'armee est entre leurs mains, ainsi les chances de changement sont faibles".

 

Selon lui, meme l'opposition au Venezuela est en crise, et doute de pouvoir menacer le pouvoir en place. "Les estimations sont que la situation de la communaute n'est pas prete de s'ameliorer", precise Amiras. "Actuellement les gens de Chavez doivent continuer de faire face a la pauvrete, a l'economie detruite, a l'education et au systeme judiciaire qui s'ecroulent. Il y a aussi parmi d'eux de nombreux extremistes que Chavez savait maitriser, maintenant, avec sa mort, ils vont relever la tete".

 

Tout d'abord le chaos et puis peut-etre qu'apres ce sera bien

 

Malgre tout il y a meme des optimistes qui croient en la capacite du Venezuela de changer. Leon Markovitz, age de 24 ans et habitant de Tel-Aviv, a abandonne son pays il y n'y a que sept mois, et a declare que "c'est vraiment une nouvelle page. Nous sommes heureux, pas de la mort de Chavez, mais des nouvelles possibilites qui s'offrent au Venezuela. En me permettant de rever un peu, j'espere que tout ira bien et que tous les dirigeants du Venezuela ont appris du passe et que maintenant nous pourrons tous ensemble construire un Etat".

 

צ'אבס עם פוטין ב-2004. ונצואלה תנהג כמו אחרי התפרקות ברה

 

Malgre tout, il sait que la realite actuelle est tout autre et que le chemin qui mene a son reve est encore long. "Chavez etait un grand dirigeant et de nombreuses personnes ont vu en lui une figure messianique, mais concretement l'economie est en morceaux et il n'y a aucune securite dans les rues de Caracas. C'est l'heritage laisse au prochain gouvernement", resume Markovitch. "Aujourd'hui il n'y a ni securite ni argent a cause des dettes aupres de la Chine et de la Russie, et nous avons peur que cela soit tres dur dans les semaines a venir".

 

"Malgre tout", precise t-il, "nous sommes pleins d'espoirs. En fait ce n'est pas logique qu'un pays qui ait tant de petrole se retrouve avec l'inflation la plus haute apres Haiti. Nous esperons que comme cela s'est passe apres la dislocation de l'URSS, de nombreuses entrees d'argent arrivent des privatisations et d'autres choses, mais il est clair pour tous que jusqu'a ce que cela arrive il y aura le chaos et l'instabilite".

 

Traduit de l'hebreu par David Goldstein pour Haabir-haisraeli.

Tag(s) : #Actu

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