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Les nominations aux Oscars des films 'Shomrei hasaf' (The Gatekeepers) et 'hamesh matslemot shbourot' (Cinq cameras brisees) n'ont pas enerve que la ministre de la culture Limor Livnat, mais aussi l'ambassadeur d'Israel a Belgrade, Yossi Levi. Apres avoir appele les realisateurs et les cineastes a adopter une censure personnelle, l'ambassadeur a profite d'une rencontre avec un membre du jury du festival du cinema en Serbie pour declarer que les cineastes israeliens ne parle du sujet palestinien que pour recevoir des prix a l'etranger.

 

Yossi Levi

 

Le 3 mars Yossi Levi etait invite a participer au festival internationnal du film de Belgrad afin de recevoir le prix du meilleur film a la place du cineaste israelien Dror Sabo pour son film 'Nevelot'. Quand il est monte sur la scene, face aux 3,500 spectateurs de la salle, l'ambassadeur a felicite le cinema israelien qui "fait impression dans les festivals internationaux". Malgre tout, apres la ceremonie, lors d'une discussion privee avec un membre du jury et avec le celebre cineaste serbe Srdjan Dragovic, il a fait entendre un son de cloche completement different.

 

Dans une missive que l'ambassadeur a envoye au ministere des affaires etrangeres de Jerusalem Yossi Levi explique que Dragovic et trois membres du jury (un serbe, un francais et un macedonien) l'ont interroge sur la discussion qu'il y a en Israel autour des longs metrages et des documentaires qui traitent du lien entre l'art et la politique.

 

Yossi Levi a reagit vivement a propos des cineastes israeliens, et Il a ecrit sa reponse a la question :

 

"Je leur ai repondu que selon moi, plus les films israeliens s'eloignent du conflit israelo-palestinien et meilleurs ils sont, qu'ils sont alors plus fiables et plus artistiques. Pourquoi ? Parce que traiter du conflit deforme et brise les cameras".

 

"Entre les festivals europeens et le cinema israelien il y a un accord non ecrit, le tout bien sur envelopper dans du cellophane crepitant de jolis mots et de bonnes pensees, et dont la formule de base est celle-ci : le colon israelien doit etre montrer comme le mechant, et le colonise palestinien doit inspirer de la sympathie. C'est le slogan qui marche et c'est le ticket d'entree pour etre inviter aux festivals, pour obtenir des budgets, des prix et du respect".

 

"C'est la raison pour laquelle il y a beaucoup de films israeliens qui parlent de la victime palestinienne, d'arbres deracines, de saisies de terres, des check-points, de discrimination,... Mais il y a tres peu de films qui parlent des victimes israeliennes, des attentats sur les lignes d'autobus, des familles qui sortent a la pizzeria et se font assassinees, des cafes qui explosent avec leurs clients, d'une famille complete qui se fait egorger dans une implantation... Combien de films emouvants ont peut voir sur ces tragedies ? Un ou deux peut-etre, et encore ils ne sont pas invites dans les festivals internationaux".

 

"C'est peut-etre la toute l'histoire, une grande partie, trop grande, des realisateus de films israeliens cherchent par ce moyen a reussir a l'etranger, sur le dos des victimes israeliennes et de la verite. Afin de s'excuser de ne pas raconter l'histoire de la partie adverse ils se servent de belles paroles comme 'il est impossible de cacher cette verite' ou 'nous devons nous imposer cette vision' et d'autres slogans exageres. Mais toutes ces belles paroles ne representent rien. Un film sur le terrorisme ? Ca va pas !"

 

Cette missive de l'ambassadeur a laisse bouche bee de nombreux responsables du ministere des affaires etrangeres. Certains d'entre-eux ont meme decide de repondre a ses paroles. L'ambassadrice Anna Azari, qui fait office de secretaire pour les sujets euro-asie au sein du ministere des affaires etrangeres et qui est la superieure de Yossi Levy, lui a repondu :

 

"Les victoires israeliennes dans les festivals sont toujours heureuses... Mais j'ai beaucoup moins apprecie ce que tu as dit sur le cinema israelien. Je ne me suis jamais occupe de l'histoire du cinema israelien, mais accuser tous les realisateurs qui decident de consacrer leurs films au sujet de l'occupation de le faire pour des raisons politiques et economiques est quelque chose, selon moi,  qu'il ne faut pas dire - surtout sans pouvoir apporter de preuves qui justifient cette attaque. Y aurait-il, peut-etre, des realisateurs qui expriment au travers de leurs creations une expression exageree pas seulement pour en tirer benefice ? Ce sujet nous amene a la question de la difference entre la propagande et la liberte artistique et dont il n'est pas la le bon lieu de traiter".

 

Traduit de l'hebreu par David Goldstein pour Haabir-haisreli.

 

Note personnelle : il me semble que le seul tort de Yossi Levi est d'avoir partager son avis personnel d'israelien, victime comme tous les israeliens du terrorisme palestinien, alors qu'il est en poste en tant qu'ambassadeur d'Israel a l'etranger. Mais en tant qu'israelien amoureux du cinema et fan du cinema israelien, je dois bien avouer partager son avis.

Tag(s) : #Culture

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