Les conferences des specialistes pro-israeliens sont annulees, et ceux qui arrivent sont evacues par les portes arrieres. Un journaliste italien tire la sonnette d'alarme, les universites occidentales se transforment de facon inquietante en bastions de la haine.
Par Giulio Meotti.
D'un regard exterieur, les universites en occident ressemblent a des oasis raffinees ou abondent la sagesse et la connaissance. En fait, ces institutions des hautes etudes se transforment de plus en plus clairement, et de facon brutale, en temples de la haine antisemite. Les facultes celebres qui forment le berceau de la culture europeenne sacrifient la liberte et Israel, en faveur de la barbarie et du refus du progres.
Meme aux Etats-Unis, on commence a baisser les bras. L'institut de recherche juif de San Francisco a publie dernierement un rapport intitule "Seul dans le systeme : comprendre l'isolement des etudiants juifs sur les campus", une des etudes les plus completes du genre. D'apres ce rapport, plus de 40% des etudiants confirment qu'il y a de l'antisemitisme sur leurs campus. Environ 41% d'entre eux ont du faire face a des remarques anti-israeliennes de la part de leurs professeurs de classe.
Les chiffres montrent une situation grave, meme en Europe. Les universites europeennes sont fieres d'avoir une population etudiante musulmane importante, par contre, on compte peu d'etudiants juifs ou pro-israeliens. Alors, que 15 a 20% des inscrits dans les universites americaines sont juifs, les facultes europeennes ne comptent peut-etre qu'un dixieme de ces chiffres.
Non aux israeliens, oui au Hezbollah
Nous sommes actuellement les temoins de la plus puissante vague anti-israelienne vu depuis le 6 avril 2002, quand 123 universitaires avaient signe une lettre ouverte publiee par le journal britannique "The guardian" appelant a suspendre tout contact avec la culture israelienne.
L'universite de provence, en France, a annule l'apparition d'une ecrivaine israelienne survivante de la shoah, mais des responsables du Hezbollah ont ete autorises a prononcer un discours a la Sorbonne. En Hollande, l'universite erasmus a organise dernierement des manifestations au cours desquelles Israel etait comparee a l'ex regime d'apartheid d'Afrique du sud. Mais le cas de Peter van der Horst, professeur d'histoire catholique et juive ancienne a l'universite hollandaise d'Utrecht, montre toute la peur et la haine qui dominent l'universite hollandaise.
Le chercheur de premier plan comptait pretendre dans son discours d'adieu que "l'islamisation de l'antisemitisme europeen est un des developpements les plus effrayants de ces dernieres decennies". Le president de l'universite l'en a empeche et a censure sa conference.
"Ce devait etre ma derniere conference", a declare Peter van der Horst. "Dans le Proche-Orient actuel, le niveau de demonisation des juifs est arrive a un stade incroyable. Les juifs sont accuses de tout ce qui est mal, cela a commence par du cannibalisme lors des attaques contre les Twins-Towers, le tsunami, la grippe aviaire, le SIDA, etc... Le comite de direction de l'universite a decide que mon discours dans son entier etait dangereux, et qu'il risquait d'entrainer une reaction violente de la part des 'organisations etudiantes musulmanes bien organisees'. J'ai decide de presenter un discours plus court parce que je ne voulais pas m'exposer a un danger potentiel".
"Je me suis contraint a la censure personnelle", a ajoute Peter van der Horst. "Au pays d'Anne Franck, nous acceptons le fait qu'aujourd'hui les juifs ne peuvent pas se promener avec des symboles religieux. Nous acceptons le fait que les synagogues en Hollande soient securisees par la police. Comment cela va t-il finir ?".
La haine est de plus en plus forte en Angleterre
Des dizaines d'universitaires ont signe dernierement une petition qui condamne l'universite de Liverpool qui a invite l'adjoint de l'ambassadeur d'Israel en Angleterre a prononcer un discours. A l'universite d'Edimbourg en Ecosse, les etudiants ont vote en faveur du boycott des produits israeliens. A l'universite Queens de Belfast, des militants palestiniens violents ont attaque le diplomate israelien Solon Solomon.
Le professeur Benny Morris de l'universite Ben Gourion a ete attaque l'annee derniere par un groupe de musulmans avant une conference au "London school of economics". Apres avoir, malgre tout, fait sa conference sur la guerre d'independance de l'etat d'Israel, Morris fut evacue par la porte arriere de la faculte, celle qui sert a sortir les ordures, par crainte pour sa securite s'il sortait normalement. "Je me suis senti comme un juif a Berlin dans les annees 20", a raconte Morris sous le choc. "Israel est un sujet totalement tabou en Europe. A Cambridge mon cours a ete annule sous la pression de groupes islamistes. Je crains que la situation ne fasse qu'empirer".
Encore en Grande-Bretagne, le specialiste allemand en science politique, Matthias Konzl, a ete invite par l'universite de Leads a un seminaire de trois jours. Sa conference devait porter sur le sujet de "l'heritage d'Hitler : l'antisemitisme islamique au Proche-Orient", et etait censee reunir un large public, mais lorsqu'il est arrive a la faculte on lui a annonce que son intervention avait ete annulee pour des "raisons de securite".
La paix avec Israel est un crime
Au printemps dernier, le professeur israelien Ronen Cohen, dont le peche est de travailler au centre universitaire d'Ariel, fut ejecte d'une conference universitaire a Berlin (il fut reintegre apres de tres vives protestations). En Espagne, le ministre de la construction l'a empeche de participer a une competition internationale sur l'energie solaire parce que l'universite d'Ariel se situe en Samarie.
Selon un sondage commande par le ministere des affaires etrangeres espagnol, 62% des etudiants en universite ne veulent pas de jufs dans leurs classes. Ces chiffres inquietent plus qu'ils ne surprennent : les gens les plus antisemites en Espagne sont aussi les plus cultives.
En Italie, les sites internet populaires appellent a creer une "liste noire" des professeurs juifs. Un etudiant israelien de l'universite de Torino, Amir Per, a raconte au journal italien "Corriera della sera" que "les juifs qui sont ici cachent leur identite de peur de devenir des cibles". Le diplomate Shai Cohen a ete empeche de prononcer un discours a l'universite de Pise suite a une attaque violente d'etudiants qui l'ont traite de 'boucher'. L'ambassadeur israelien en Italie, Ehud Gol, a du se sauver de l'universite de Firenze suite a un evenement du meme genre.
Meme en Scandinavie la situation est similaire. Une chaussure fut envoyee sur l'ambassadeur d'Israel, Beni Dagan, pendant sa conference a l'universite de Stockholm. Dans ce meme etablissement un professeur a publie une lettre appelant les juifs a prendre leurs distances avec Israel s'ils ne veulent pas devenir des cibles de l'antisemitisme. A l'universite d'Oslo une etudiante juive, Ania Savsonik, a du arreter ses etudes d'hebreu suite aux attaques antisemites de la part des ses 'amis' de l'universite. Les universites de Norvege ont interdit de sejour Alan Dershowitz, le celebre professeur de Harvard, a cause de ses positions pro-israeliennes.
En 1936, au debut d'une nouvelle vague d'emeutes anti-juives, le dirigeant sioniste Berl Katznelson avait ecrit : "nous devons nous proteger non pas seulement des emeutes physiques mais aussi des emeutes spirituelles". Mais aujourd'hui les emeutes spirituelles siegent dans les facultes occidentales. Il est question d'une "solution finale" universitaire que l'on peut resumer a l'aide des affiches placardees sur les murs de l'universite de Londres : "La paix avec Israel est un crime".
Giulio Meotti est un journaliste italien et l'auteur du livre : "La nouvelle shoah : l'histoire non racontee des victimes israeliennes du terrorisme".
Traduit de l'hebreu par David Goldstein pour Haabir-haisraeli