Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

Lior Temam, habite Hod Hasharon. Elle a beaucoup hesite avant de partir pour 'Le voyage' en Pologne et finalement elle a decide, avec deux de ses amis, de le transformer en film documentaire. Le film, qui a obtenu la semaine derniere une note d'excellence au festival du cinema de Jerusalem, decrit les pressions excercees sur les eleves afin qu'ils fassent ce voyage, ainsi que les conditions de vie honteuses d'un rescape de la shoah. "Au lieu de faire faire ce voyage, donnez l'argent aux rescapes", a declare Temam.

 

הפכה את המסע לסרט (צילום: יוגב עמרני)

 

"En route pour Auschwitz on s'arrete au Mac Donald's". C'est le nom que les trois eleves du lycee technologique de Hod Hasharon ont decide de donner au film documentaire qu'ils ont realise, et qui a obtenu la semaine derniere une excellente note au festival du cinema de Jerusalem. Le film traite du voyage en Pologne (organise en Israel pour des eleves de lycee), il montre les cotes moins beaux de ce voyage, a commence par les pressions exercees sur les eleves pour qu'ils partent en Pologne, comment les eleves sont incapables de faire face au spectacle des camps et parle de la question de sa viabilite economique.

 

Dans ce film les eleves ont choisi de montrer la dure vie d'un rescape de la shoah qui habite a Tel Aviv, et finalement se demandent s'il ne vaut pas mieux donner tout l'argent de ce voyage aux rescapes de la shoah pour qu'ils aient une vie une peu plus convenable.

 

"Ce voyage a ete tres dur pour moi", raconte la creatrice de ce film, Lior Temam, qui a connu de nombreux conflits internes au sujet de ce voyage en Pologne, et qui finalement a decide de transformer ses dilemnes en film documentaire. "J'ai ete tres emue d'avoir gagne et du fait qu'il y ait eu tellement de discussions autour du film".

 

Dilemnes autour du voyage

 

Le sujet du voyage des jeunes israeliens en Pologne revient sur le devant de la scene depuis plusieurs annees, et surtout les questions autour de son cout et de la non preparation mentale des adolescents pour un tel voyage. Ces dernieres annees de nombreuses histoires ont ete publiees par la presse sur des adolescents qui ont ete rapatries avant la fin du voyage a cause de leur comportement inapproprie, que certains d'entre eux ont explique apres comme un besoin de 'se liberer' de la difficulte a supporter les images et l'histoire de la shoah.

 

Meme Lior Temam, bacheliere du lycee technologique de Hod Hasharon, ne savait pas si elle serait capable de supporter un tel voyage, mais quand elle a pris sa decision elle a aussi decide de realiser, dans le cadre du projet de ses etudes dans la section medias de son lycee - avec ses amis Koral Malka (la monteuse du film) et Gai Nagar (le cameraman) - un film documentaire traitant de ses dilemnes autour du voyage en Pologne.

 

"Il y a beaucoup de gens qui s'expriment pour ou contre ce voyage, et quand ce fut notre tour de partir je me suis demandee pourquoi nous le faisions ? quel en est le but ?", a raconte Lior cette semaine. "Lors de l'enquete que j'ai realise, j'ai decouvert que beaucoup d'adolescents et d'adolescentes vont en Pologne parce qu'on leur met la pression, que les parents n'en ont pas les moyens financiers, que certains parents ont peur d'envoyer leurs enfants voir ces horreurs et qu'a l'inverse il y en a aussi qui veulent y aller pour voir ca de plus pres".

 

Le film accompagne la preparation a ce voyage. Il commence par la discussion entre un eleve et une conseillere d'education de l'ecole avant le voyage, il continu par des entretiens avec de nombreux eleves qui parlent de leurs sentiments, et on y decouvre, entre autres, Shlomo Ronen, rescape de la shoah age de 82 ans, qui habite dans des conditions difficiles dans un studio du sud de Tel Aviv.

 

"J'ai rencontre Shlomo dans son studio delabre avant le voyage", raconte Temam. "Son histoire m'a fascine. Il a perdu toute sa famille pendant la shoah, alors qu'il n'avait que 8 ans. Son petit appartement lui suffit, mais il ne fait aucun doute qu'il vit dans des conditions inacceptables. A travers son histoire j'ai compris que je venais d'etre confrontree a la shoah et j'ai compris ce qu'il s'est passe la-bas. Shlomo nous a relie a son monde, a sa vie personnelle".

 

Dans ce film Lior a demande a Shlomo son avis sur ce voyage et il lui a repondu que "sans une bonne preparation a ces horreurs en Pologne, il est impossible de faire un vrai voyage".

 

Non prepares mentalement

 

De nombreux adolescents qui ont participe au voyage racontent dans le film qu'ils ne comprennent pas ce qu'ils font en Pologne. "Il y en a qui ne se connecte pas a ca", raconte-t-elle. "Il y a des moments ou j'ai ete en lien avec ce voyage, mais cela ne s'est fait que grace a ce que je savais de Shlomo. Dans les moments de ce voyage ou j'ai ressenti la shoah j'etais reliee aux pensees de Shlomo. Ce voyage a ete tres dur pour moi parce que ce n'est pas facile de vivre une telle aventure, de voir de telles choses".

 

Dans ce film des educateurs se sont exprimes contre ce voyage, ils pensent que ce voyage remplit son role, mais qu'il ne convient pas a des adolescents. Lors de la preparation de ce film, les eleves ont meme decouvert que de nombreux professeurs sont farouchement opposes a ce voyage, qu'il presente, entre autres, un probleme pedagogique et de continuite des etudes pendant l'annee scolaire.

 

Lior raconte que cette mission, de s'exprimer contre ce voyage, n'a pas ete facile pour les professeurs mais qu'ils l'ont reussi que grace au conseiller d'education de leur section, Ofer Pinhasov. "Nous devions les chercher a la lampe torche", a raconte Ofer. "Le voyage en Pologne est devenu un 'Saint des Saints', comme si la Pologne c'etait Massada. Nous avons du les convaincre qu'il est possible de critiquer et de dire ce qu'ils pensent reellement de ca. Le but de ce film etait de montrer l'autre face de ce voyage, de faire s'exprimer une voix differente, plus critique sur ce voyage".

 

Il est difficile d'ignorer l'avis de ce conseiller d'education lorsqu'il declare que dans la majorite des cas ce voyage se fait trop tot pour les eleves. C'est plus Shlomo, rescape de la shoah qui habite a Tel Aviv dans des conditions inadmissibles, qui a aide les eleves a comprendre la shoah. Une des paroles qui ressort de ce film est  que "avec tout le respect pour la planche a billets, il etait possible d'organiser des rencontres entre les adolescents et des rescapes de la shoah, plus proches de l'ecole, et de les aider avec l'argent de ce voyage".

 

המסע לפולין.

 

"Je suis obsede par des images de ce voyage en Pologne qui reviennent en boucle", ajoute Ofer Pinhasov. "Des images d'eleves couverts de drapeaux israeliens et de nationalisme exteriorise, comme pour montrer aux polonais qui est le plus fort. Cela me revolte. Il ne faut pas s'etonner du fait que nous reveillons la haine. L'identification avec les victimes de la shoah pourrait etre plus sobre, en direction du coeur et non pas vers une exteriorisation qui suggere que nous allons coloniser Auschwitz".

 

Le film se termine dans l'appartement de Shlomo, et la-bas apparait la vraie question de Lior : "une question m'a beaucoup travaille, pourquoi Shlomo qui a vecu la shoah vit dans un studio ?".

 

Lior est convaincue que l'argent qui est depense lors de tous ces voyages devrait etre distribue aux rescapes de la shoah. "Le voyage en Pologne est important, mais j'ai eu le sentiment que les ecoles mettent la pression sur les eleves pour qu'ils partent en Pologne, et il ne fait aucun doute que cela represente beaucoup d'argent. Si cet argent etait donne aux rescapes de la shoah, peut-etre que Shlomo finirait ses jours dans des conditions plus humaines".

 

Traduit de l'hebreu par David Goldstein pour Haabir-haisraeli.

Tag(s) : #Israel

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :