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 Illustration du film Le Chat du Rabbin

 

 

Dans Le Chat du rabbin, inspiré des BD de Joann Sfar, il est question d'amour, de famille et d'aventure. Trois thèmes commentés en photos par l'auteur-réalisateur en personne.

 

 L'amour. Ou comment le chat qui n'a pas de nom, mais la langue bien pendue, conte fleurette à sa maîtresse.

 

"Je voulais reprendre la route de l'imaginaire colonial et raconter l'universalité de la bêtise humaine. Le film, comme les albums du Chat du rabbin, ne parle pas spécifiquement des juifs dans l'Alger des années 1920, mais d'un chat doué de parole qui fait face à la religiosité et au colonialisme. Il est aussi amoureux de sa maîtresse, Zlabya. Il est désespéré car c'est un amour impossible. Le chat ne peut qu'espérer des caresses et il rêve de mourir avant elle pour ne pas la voir partir avec un homme. La seule prière qu'il fera au dieu d'Abraham sera : "Qu'elle ne se marie pas, qu'elle n'ait jamais d'enfants."" 

 

Le Chat du rabbin décrypté par son créateur, Joann Sfar

  

Zlabya et son père, le Rabbin.

 

La famille. Ou comment le chat découvre qu'on peut s'aimer les uns les autres, mais pas tout le temps.

 

"Le chat se moque sans cesse du rabbin Sfar et de sa fille Zlabya. Parce que c'est un Voltaire miniature. Il les aime de tout son coeur minuscule, mais leur religion lui semble totalement absurde. Alors il va explorer d'autres familles humaines. Et il est désespéré car il les trouve toutes complètement déraisonnables. Il veut qu'on arrête de faire comme si la religion, c'était sacré. Au début, on croit que son rabbin va lui enseigner la Bible, et finalement c'est le chat qui fait réciter au vieux des fables de La Fontaine. On retrouve très souvent cette idée dans les familles juives et musulmanes : le petit dernier est plus occidentalisé que les autres et fait le prétentieux."  

   

Le Chat du rabbin décrypté par son créateur, Joann Sfar

 

L'aventure. Ou comment le chat apprend la sagesse en voyageant.

 

"Dès le début, le chat trouve complètement stupide cette quête de Terre promise. Ça lui passe très loin au-dessus des oreilles. Mais son vieux maître est fragile et, comme c'est dangereux de traverser l'Afrique coloniale, il décide de l'accompagner. Au cours du voyage, leur relation évolue au point qu'on ne sait plus vraiment qui est le maître et qui est le chat. C'est très angoissant de grandir et de s'apercevoir qu'on a moins besoin d'un maître. Alors, on pense aux bras de la femme qu'on aime, on se dit qu'elle est loin, et on se demande si ça valait le coup de s'éloigner d'elle." 

 

Trop fort, par Franz-Olivier Giesbert

"L'intelligence de Joann Sfar est d'avoir totalement repensé Le chat du rabbin en adaptant sa BD culte à l'écran. Il lui a redonné une jeunesse et une fraîcheur qui font sa force. Avec ce dessin animé qui entend célébrer l'amour des peuples malgré les religions, leurs interdits ou leurs obsessions, on va accuser le cinéaste de naïveté - et il n'y a guère de pire insulte dans notre monde désormais dominé par les mufles de l'idéologie réaliste. Mais, pour ma part, je revendique le droit d'être naïf, quitte à passer pour un imbécile. Le chat du rabbin est donc une petite merveille pour tous les enfants de 7 à 77 ans. À condition, si vous avez passé l'âge bête, de n'avoir pas tué l'enfant en vous. Alors vous vous laisserez embringuer dans cette histoire improbable à travers l'Afrique, vers un paradis impossible, avec pas mal de petits bonheurs, dont les moindres ne sont pas les voix de Maurice Bénichou (le rabbin) ou de François Morel (le chat) qui font vivre leurs personnages."

  

Trop bavard, par François-Guillaume Lorrain

"Un babil félin qui n'en finit pas. On a envie de crier pouce. Moins de mots. De grâce, un film, surtout d'animation, n'est pas un déluge de paroles. Nos enfants y risquent la noyade... On s'est noyé. Imaginez un texte de quatre heures qu'on ferait tenir en quatre-vingt-dix minutes et vous aurez une claire idée de ce Chat du rabbin. Ce chat, nous dit-on, a avalé un perroquet. Il ne l'a pas digéré. La BD était muette, le film en 3D jacasse, crie, saoule. Entre le visuel - le trait fin, élégant d'un conte orientaliste - et le verbe - une logorrhée bien pensante sur le racisme et le dogmatisme religieux -, Joann Sfar n'a pas choisi, torpillant son histoire, son image. Un film a besoin de souffler, de rêver. L'animation est un art du rythme, du rêve, de la suggestion. Ce chat, qui fut une poule aux oeufs d'or, ressemble à une oie gavée."

 

 

 

http://www.lexpress.fr , http://www.lepoint.fr 

Tag(s) : #Culture
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