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C'est ainsi qu'est partie Surika Braverman, qui s'etait engagee avec Haviva Reik qui fut assassinee en Europe en 1944. Le 15 fevrier 2013, Ynet annoncait que la combattante du 'Palmach', la derniere parachutiste du Yishouv, etait decedee dans la semaine. Des filles de la generation de la geoula (la delivrance de l'exil, le retour a Sion) qui se sont transformees en combattantes, meme a l'age de 15 ans, se rappellent et racontent : "nous nous sommes mises en colere quand ils n'ont pris que des garcons pour les missions".

 

A Tel-Aviv, il y avait des fetes a l'epoque, se souvient l'ecrivain Tehila Ofer sur les jours de la seconde guerre mondiale. Des fetes de separation. Surika a raconte que l'on y entendait des eloges, et Haviva a declare : "celle-la elle veut que je dise, avant de partir, que je suis sure d'arriver a destination. Je suis sure de faire tout ce que je pourrai, et je suis sure que je reviendrai, et que quand je reviendrai je me souviendrai que je suis une femme. Est-ce qu'un homme est fait pour le combat ? Est-ce qu'une femme est faite pour diriger des combats ? Je reviendrai a mon kibbuts, j'aurai une famille et des enfants. Mais elle n'est pas revenue".

 

Haviva c'est Haviva Reik, la parachutiste qui fut executee en 1944 en Slovaquie, un peu apres le meurtre de Chana Senesh. Surika c'est Sarah Braverman, une autre des parachutistes du Yishouv qui partirent en Europe pour etre volontaires dans l'armee britannique. Lors de cette semaine de fevrier 2013 Surika nous a quittes a l'age de 95 ans, et nous a ainsi rappele que peu de femmes qui ont combattu pour la creation de l'Etat d'Israel sont encore en vie.

 

חביבה רייק במסע של פלוגתה במדבר יהודה (צילום: באדיבות ארכיון מורשת)

Haviva Riek pendant une marche de son unite dans le desert de Judee

 

 

(צילום: באדיבות ארכיון מורשת)

 

 

אימון צנחנים במצרים. שנייה משמאל: חביבה רייק (צילום: באדיבות ארכיון מורשת)

Entrainement de parachutistes en Egypte. La 2eme a partir de la gauche c'est Haviva Reik

 

Ofer, agee de 83 ans, a connu personnellement Surika, et a meme servi dans la meme unite du Palmach qu'elle - Gdoud haemek - qui a combattu de Metula et jusqu'au Negev qui etait isole et coupe du reste du pays jusqu'a liberation des routes.

 

"C'etait tres dramatique d'etre assiegee dans le Negev", se rappelle Ofer, "supporter les bombardements ennemis comme tout le monde en plein blocus et en pleine penurie. Le 14 mai 1948, quand a ete declaree la creation de l'Etat d'Israel, nous n'avons pas ete emus. Nous avons pense a nos amis qui allaient se battre et aux victimes prevues. En effet, des le lendemain, trois de nos amis sont morts. Nous etions une generation qui ne pleurait pas aux enterrements mais pleurait dans le coeur. C'etait ca les aventures du Palmach. Apres tu te rends compte que tu as eu la chance de prendre part aux combats pour la creation de l'Etat juif, apres 2000 ans d'exil".

 

זיוה ארבל חמושה באקדח במלחמת העצמאות

Ziva Arbel, armee d'un pistolet pendant la guerre d'independance

 

Le kibbuts lui a dit : c'est lui ou nous

 

La mort de Surika nou ramene a l'epoque des pertes des parachutistes. La pilote Zohara Levitov, la soldate Hadassah Lampel, Mira Ben-Ari, Netiva Ben-Yehuda, Eda Sirani, Ziva Arbel et pleins d'autres, des femmes qui se sont portees volontaires pour se battre pour un pays qui n'existait pas encore, qui etait en formation, alors que le service militaire obligatoire n'existait pas encore et alors que 'le partage du fardeau' etait double : pour le pays en formation et pour l'egalite des droits des femmes dans le Yishouv en developpement.

 

Dans le livre de Tehila et Ze'ev Ofer 'Haviva Surika Braverman est citee : "L'echec de chacun risquait d'etre l'echec de tous. L'echec de 10% des filles pouvait decider de la suite du service des filles" .

 

Le professeur Judy Baumel-Schwartz a ecrit sur les femmes parachutistes de la deuxieme guerre mondiale dans son livre 'Heros exemplaires'. Elle declare que "Surika a ete la premiere femme a s'engager dans le Palmach. Pour prouver qu'elles pouvaient se battre. Apres une discussion sur le sujet, Itzhak Sadeh, commandant du Palmach, a decide d'autoriser le volontariat des femmes pour le combat". Sadeh disait qu'il fallait donner aux filles tous les outils necessaires, avec l'assurance qui prouveraient ce qu'elles peuvent faire, a l'egal des femmes de l'armee rouge, des partisanes et des rebelles des ghettos.

 

מראשונות לוחמות הפלמ

Les premieres combattantes du Palmach

 

חביבה רייק (משמאל) ושוריקה ברוורמן באיטליה (צילום: באדיבות ארכיון מורשת)

Haviva Reik (a gauche) et Surika Braverman en Italie

 

שרה ברוורמן.

Surika Braverman : ""L'echec de chacun risquait d'etre l'echec de tous"

 

"Surika s'engagea et entraina avec elle Haviva Reik. Haviva etait amoureuse du fils d'une famille riche, un couple qui ne correspondait pas aux valeurs socialistes du kibbuts, et son kibbuts lui a dit "c'est lui ou nous", et l'a envoye en exil dans le kibbuts de Surika pour reflechir a tout ca. Alors Surika lui proposa de dire a tout le monde de sauter et de se joindre au Palmach, de faire quelque chose de consequent pour le Yishouv". C'est ainsi que, selon Baumel-Schwartz, Reik s'engagea.

 

Les femmes se sont engagees dans des missions desquelles certaines ne sont pas revenues, elles ne se consideraient pas comme des heroines. "L'histoire de Surika parle de la confrontation entre l'absurdite de son image de soi et de la realite de sa vie", explique Baumel-Schwartz. "Malgre les missions executees au-dela des lignes de l'ennemi nazi, elle a parle d'elle-meme comme etant une peureuse et n'a pas reussi a se debarasser du fait qu'elle n'ait pas reussi a sauter en parachute pendant les entrainements. Pourtant elle est consideree par tous comme un heros".

 

Alors ce qui etait important ou pas etait clair

 

Surika n'etait pas la seule. Le chercheur docteur Nir Man precise que sur 30,000 volontaires du Yishouv juif (y compris la brigade juive) qui se sont engages dans l'armee britannique, il y avait environ 4,000 femmes. Par la suite, pendant la guerre d'independance, sur les 6,000 hommes du Palmach, il y avait environ 1,200 femmes. Plusieurs centaines d'entre-elles se sont vraiment battues sur le terrain.

 

הדסה אבידוב. כל כמה שנים הרפתקה שונה (צילום: הרצל יוסף)

Hadassah Avidov

 

Hadassah Avidov (Avigdori) s'est portee volontaire dans le Palmach en 1944 alors qu'elle avait 16 ans et demi, et est devenue accompagnatrice de convois, secouriste de combat et courrier dans la division Arel. "Nous nous mettions en colere a chaque fois qu'ils ne prenaient que des garcons pour les missions. J'etais la seule parmi 60 hommes, nous dormions ensemble dans la meme grotte et tout le monde puait", se souvient-elle en souriant. "Ce n'etait pas facile, il fallait beaucoup de courage. La forme etait tres bonne et les actions dangereuses".

 

"Tous les jours on perdait des hommes. Et malgre tout, nous etions des enfants, il n'y avait personne pour nous apprendre comment nous battre et comment tirer, et nous ne savions pas toujours comment gerer tout ca. Il n'y avait pas de premiers secours et pas de medecin. Mon pere etait medecin, alors je suis devenue la secouriste qui d'abord combattait et apres soignait, et tout ca sans formation. J'ai eu une vie interessante, pendant plusieurs annees j'ai connu des aventures differentes".

 

Quand Hadassah quitta l'armee en 1949, elle alla de suite "sauver le Negev avec une valise comme bagage", sans meme savoir ou aller exactement. "Si on veut faire quelque chose qui a de l'importance, ce que les autres disent n'a pas d'importance, c'est possible et il faut le faire. Alors ce qui etait important ou pas dans la vie etait clair".

 

Reglement sur la demobilisation : selon l'age

 

Une combattante particulierement jeune du Palmach fut Ruth Gersten, provenant de 'classe du Palmach', l'unite de l'ecole du 'Mikve Israel'. Elle se porta volontaire a l'age de 15 ans et demi, mais elle ne se voit pas pour autant comme quelqu'un de special. "A 14 ans et demi, j'ai saute une classe  et suite a ca il y avait un ecart de presque 2 ans avec mes amis de classe". Quand tout le monde a decide de se joindre au Palmach, Gersten fut une des initiatrices. "Je me souviens me rendre avec une delegation de ma classe aux bureaux du Palmach, et demander a celui qui nous recut de nous incorporer pour la guerre d'independance en tant que classe, mais qu'ils nous promettent que nous reviendrions etudier a 'Mikve Israel' a la fin de la guerre - et ce fut fait ainsi".

 

רות גרסטן בצעירותה.

Ruth Gersten

 

רות גרסטן. להציל את המדינה

Ruth Gersten : sauver le pays

 

"A chaque endroit ou j'ai ete, j'etais la seule fille. J'etais si jeune et peu mure que je ne sais pas comment j'ai fait ca. Je pensais que j'allais sauver le pays, et c'est comme cela que je le revais". Gersten prit part aux operations Yoram et Dani. Quand ses collegues hommes sont descendus dans le Negev, isolee elle ne put pas se joindre a eux. "J'ai appris que toutes les nuits, il y avait un avion qui apportait de l'approvisionnement de Loud a Rohama. Il y avait 4 places en plus du chargement. Je suis arrivee a Loud et avec un culot sans fin, je suis montee dans cet avion". La-bas Gersten prit part aux combats pour Kholikat. "Nous avons creuse des tranchees dans lesquelles nous sommes restes deux semaines. Je me souviens avec emotion de ce jour ou la route a ete liberee et que la jeep d'un homme du renseignement est arrivee du Negev par cette route".

 

En 1949, agee de 16 ans et demi, Gersten fut demobilisee et retourna dans sa classe pour etudier. "Il est ecrit sur mon certificat de demobilisation que j'ai ete demobilisee 'en fonction de mon age'. Ce fut un episode de transformation d'une adolescente qui etait partie pour la guerre", raconte-t-elle en ricanant. Apres sa demobilisation, Gersten devint educatrice puis directrice de l'ecole, et apres sa retraite crea l'ecole Halord, actuellement musee Tel Mond, ou elle est toujours volontaire.

 

צנחני היישוב, בהם רייק וברוורמן, בעזה בדרך לקהיר (צילום: באדיבות ארכיון מורשת)

Les parachutistes du Yishouv, dont Reik et Braverman, a Gaza et en route pour le Caire

 

הטייסת זהרה לביטוב (צילום: באדיבות אתר אוצר הפלמ"ח)

 Zahara Levitov, pilote d'avion

 

Il reste peu de combattantes de cette generation en vie. "Dommage qu'elles n'aient pas revele leur histoire avant de mourir", declare Baumel-Schwartz. "Les femmes de cette epoque etaient exceptionnelles et avaient de la force et du courage, elle sont la generation de la geoula. Aujourd'hui, nous avons des filles avec la meme mentalite, qui remplissent des missions en silence et continuent le chemin ouvert par Surika, Haviva et d'autres".

 

Tehila Ofer demande a passer un message : "la generation actuelle doit tout faire pour qu'il y ait ici une vraie tentative de paix et de stabilite. Dans ce but, il faut faire tous les efforts possibles".

 

Et la generation actuelle est interessee. Avital Halperin, par exemple, agee de 12 ans, s'est interessee aux parachutistes du Yishouv. Dans le cadre du projet Bar et Bat Mitsvah de la bibliotheque nationale, elle a choisi, elle a decide de s'interesser a de l'histoire Surika et Braverman. Halperin a prepare une declaration detailles sur Braverman, mais malgre tout, elle a ressenti qu'il lui manquait des elements importants de l'histoire humaine et personnelle de la derniere des parachutistes hebreu de l'epoque de la shoah. Pour cette raison, elle s'est rendue au kibbuts Shamir et a rencontre personnellement l'heroine. Elle l'a interviewe et a documente sa rencontre avec Braverman, quelques semaines avant sa mort. Voici un extrait de leur rencontre : voir la video sur le lien. 

 

Traduit de l'hebreu par David Goldstein pour Haabir-haisraeli.

Tag(s) : #Israel
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