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La responsablite de la vie des autres, la charge de travail et le 'burning out', les gardes de nuit, de shabbat et pendant les fetes, et une fiche de paie qui decoit. J'aime ce que j'apprends, je crois en ce que je fais, mais apres ?

Par Idan Strovitsik

 

לדעת שעשית משהו בשביל מישהו. עידן סטרוביציק

 

Peu apres le debut de mon stage final, le plus long de ces longues etudes, prenantes et epuisantes, et alors que l'examen d'Etat avance et se rapproche, en vue de me transformer en un infirmier diplome d'Etat comme les autres, la greve des infirmiers et des infirmieres a eclate.

 

Quand j'ai decide d'etudier les soins infirmiers et d'etre infirmier diplome, j'ai du trouver les reponses aux remarques et aux questions d'encouragement comme : pourquoi tu fais ca ? Pourquoi gaspiller tellement de temps et d'argent pour faire ce que les soignants etrangers font ? Pourquoi tu devrais travailler si dur le jour et la nuit, en etant absent de la maison, pour ce salaire ? C'est ca la vie que tu veux ? Et qu'est-ce qu'il se passera quand tu auras une famille ? Est-ce que tu ne veux pas travailler comme avocat ou dans le High-tech ?

 

Le role d'un infirmier ne se limite plus depuis longtemps a des changements de couches, des toilettes de malades et a la satisfaction de leurs besoins. Il s'agit d'un metier academique extraordinaire et interessant, qui necessite beaucoup de savoir, de competences, de responsabilites, de jugement, de connaissance des medicaments, d'analyse des situations cliniques qui sauvent des vies et de gestion de traitements complets. C'est un metier humain qui s'occupe de personnes. Les soins infirmiers sont importants dans tout ce qui est en rapport avec l'accompagnement des malades, et meme dans l'accompagnement de fin de vie. C'est un role qui finalement amene beaucoup de satisfaction. Tu sais que tu as fait quelque chose pour quelqu'un. C'est une grande chance de faire partie de ce metier et d'y travailler.

 

Comme la plupart de mes amis(ies) qui font ces etudes, je travaille aussi dans un hopital en tant qu'etudiant en soins infirmiers dans un service d'hospitalisation, comme une partie du personnel, avec les autres infirmiers et infirmieres. Avec la decouverte du travail, moi aussi je decouvre la surcharge insupportable et le 'burning out' incroyable : reception des nouveaux hospitalises, faire face aux soins des patients deja hospitalises et a leurs proches, ainsi qu'a leurs questions, les reproches et le manque de patience envers les soignants qui n'arrivent pas a suivre le rythme. On a du mal a trouver le temps d'aller aux toilettes, de boire un verre d'eau ou de manger quelque chose. Et comment pourrait-il en etre autrement ? Quand une infirmiere doit soigner 15-20 patients ou, dans le cas du service ou je travaille, 6-7 patients tres compliques, et s'occuper de faire attention a tout, au suivi, au traitements medicaux, et au monitoring necessaire.

 

Et bien sur, il y a tout ce qui se rapporte au travail concernant les excretions et les liquides du corps, les changements de couches, les vidanges de catheters, les toilettes, les changements de position et l'aide que nous apportons pour la satisfaction des besoins de base des malades. Plus d'une fois nous devons aussi faire face a la mort.

 

מחאת האחיות. מאבק למען אינטרס לאומי (צילום: ירון ברנר)

 

Il est impossible de ne pas parler des chiffres de la fiche de paie, qui ne correspondent pas au niveau de connaissances, a la formation professionnelle, a la responsabilite des vies humaines, a la difficulte physique et mentale, a la surcharge de travail et au 'burning out', aux heures improbables, aux gardes de nuit, aux gardes du shabbat et des jours de fete, aux gardes doubles et aux gardes supplementaires. C'est cela qui m'attend pour mon avenir professionnel.

 

Au cours de mes discussions avec mes amis qui etudient avec moi apparaissent des questions difficiles : est-ce que nous avons choisi le bon metier ? Est-ce que tout ce qui se passe ces jours-ci autour des soins infirmiers vaut vraiment tous ces efforts et cet investissement dans ces etudes intensives ? Est-ce que ca vaut vraiment le coup de prendre la responsabilite de vies humaines ?

 

Pour qu'ils ne s'enfuient pas a l'etranger

 

Je suis la, deja avant la fin et je sais bien ou je vais. Je suis reste parce que j'aime ce que je j'apprends, j'aime ce travail, je crois en ce que je fais et j'estime beaucoup cette profession et ceux qui la font. Nous sommes tous motives pour l'integrer. Mais apres.

 

La combat des infirmiers et infirmieres pour ameliorer leurs revenus, avoir une compensation appropriee, pour etre reconnu comme etant un metier academique a tous les niveaux - un metier etant une priorite nationale, modification du nombre de poste dans les services d'hospitalisation et dans les services externes, et l'amelioration de la securite dans le travail, tout cela transformerait ce metier en un metier plus sur, moins en surcharge de travil et moins usant - c'est aussi le combat des etudiants en soins infirmiers. C'est notre avenir professionnel a tous. C'est dans l'interet national.

 

Une reponse positive du ministre des finances a ces exigences elementaires amenerait des gens biens et de bonnes qualites a choisir ce metier des le debut. C'est ce qui ferait que les etudiants en soins infirmiers ne demissionneront pas des le debut de leurs etudes. C'est le moyen d'amener plus de candidats a etudier ce metier. C'est le moyen de garder plus d'infirmiers et d'infirmieres a rester dans la profession, sans qu'ils ne s'enfuient des la fin de leurs etudes vers un pays etranger ou il est possible de gagner plus et de travailler moins et d'etre aussi apprecier pour leur travail.

 

Idan Strovitsik, etudiant en soins infirmiers en derniere annee, travaille dans un service d'hematologie et de greffe de moelle osseuse, au centre Davidoff de l'hopital Belinson.

 

Traduit de l'hebreu par David Goldstein pour Haabi-haisraeli.

Tag(s) : #Israel

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