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Quand Rosa Beck de la cave sombre ou elle s'est cachee pendant trois ans et qu'elle a decouvert qu'elle etait la seule de la famille a avoir survecu, elle s'est juree de ne jamais raconter a personne qu'elle est juive, de peur que les nazis reviennent et finissent ce qu'il n'ont pas fini de faire. Jusqu'au jour ou son fils, Josephus Cornelius, lui annonca avoir decide de se convertir. Voici l'histoire extraordinaire du sous-directeur Yossi Beck, aujourd'hui commandant de la prison Masiyahu, qui a choisi le judaisme sans savoir qu'il etait ne juif.

 

Yossi est a droite avec son frere Hans et ses parents 

 

Il arrive souvent au sous-directeur Yossi Beck, pendant qu'il se deplace entre les differentes ailes de la prison Masiyahu qu'il commande, de penser au long chemin qu'a fait l'enfant Josephus Cornelius avant d'arriver au poste a responsabilite qu'il occupe au service de l'Etat d'Israel. Lundi, alors qu'il a effectue comme chaque annee la ceremonie de 'Yom hashoah' dans la prison penale la plus grande du pays, ces pensees le submergent de nouveau. Comment tout aurait pu etre different, et comment le cours de la vie qu'il s'est lui-meme choisi l'a amene la ou il est aujourd'hui.

 

L'histoire de Yossi Beck, un homme droit fort et grand, aux yeux bleus et portant une kippa srouga, commence en 1967. Yossi, portant encore le nom de Josephus, avait alors 14 ans. Le Proche-Oreint entra alors dans le tourbillon de la guerre des six jours, qui succeda aux tensions entre Israel et les pays arabes voisins. Le 6 juin les chars commencerent leur action. C'etait la guerre. En Hollande, dans la maison d'Hank et Rosa Beck, retentit un cri pousse par la mere de famille : "mon D.ieu non, pas encore". Josephus descendit a l'entree et vit sa mere tenant le journal du matin entre ses mains. "Qu'est-ce qu'il y a ?" demanda-t-il inquiet, "pourquoi tu as crie ?" Sa mere se debarassa de ses questions en lui donnant des reponses biaisees, elle lui dit qu'elle etait contre les guerres. Josephus, curieux, compris qu'il y avait un rapport avec le journal. Il attendit un peu puis alla dans la cuisine pour lire la une du journal, qui est depuis gravee dans sa memoire : des combats acharnes entre Israel et l'Egypte, la Syrie et la Jordanie. Josephus ne comprit pas vraiment pourquoi sa mere avait ete tellement emue, ni quels etaient ces pays-la. Il se souvient avoir lu aussi un article qui parlait de l'Etat juif qui s'etait cree apres 2000 ans d'exil. "Notre maison etait chretienne athee", raconte-t-il. "C'est-a-dire que je savais que mes parents etaient chretiens, mais mon pere, qui venait d'une famille socialiste et qui se decrivait comme un humaniste, etait carrement anti-religion. Il disait que la religion fait du mal a l'humanite et qu'elle etait a l'origine des guerres dans le monde. A la maison, il n'y avait ni le nouveau ni l'ancien testament. Nous n'avons jamais ete a l'eglise. J'ai etudie a l'ecole publique, et la-bas on n'apprenait pas l'histoire de Jesus, ni l'histoire d'Israel et du Tanakh : Moshe, David, Jerusalem, les juifs. Tout cela etait loin de moi et m'etait completement etranger".

 

Le secret de Josephus

 

Sans avoir de bonnes raisons, Josephus commenca a s'interesser a tout ce qui avait un rapport a Israel. Il commenca a collectionner les coupures de presse, a lire des livres, et se trouva une correspondante israelienne et commenca a lui ecrire. Assoiffe de tout ce qui pouvait l'informer sur ce lieu, qui l'avait tellement impressionne suite a la victoire de la guerre des six jours. "Apres deux ans, j'etais devenu une sorte de specialiste d'Israel. Et j'avais compris son lien avec le Tanakh. J'ai grandi dans une maison ou mon pere m'a appris, ainsi qu'a mon frere Hans, que le Tanakh est un livre mensonger. Sans le reveler a mes parents, je me suis rendu dans un magasin et j'ai achete le nouveau et l'ancien testament en hollandais, en un seul volume. Je n'ai pas d'explication logique a ca, mais j'ai arrache le nouveau testament, je l'ai jete a la poubelle et n'ai garde que le Tanakh. Ce livre, je l'ai encore. Je suis emu a chaque fois que je raconte cela". Il a lu trois fois le Tanakh, chaque lettre et chaque histoire. Suite a sa passion pour Israel, et la curiosite qu'a eveille en lui sa correspondante israelienne qui lui apprit qu'il s'agissait d'une langue inversee qui s'ecrivait de droite a gauche, Josephus commenca a apprendre l'hebreu. "J'ai trouve un juif, survivant de la shoah, qui m'a appris l'hebreu en cours prives. Il y avait un chretien avec moi, il voulait devenir pretre et avait decide que l'apprentissage de l'hebreu faisait partie de sa preparation a son poste. Il y avait aussi une jeune fille, dont je n'ai jamais su si elle etait juive ou non. J'ai ete dans ce groupe pendant un an et demi. Alors que je lisais le Tanakh et que j'apprenais l'hebreu, ma foi dans le judaisme ne fit que grandir et se renforcer.

 

A l'age de 17 ans commenca a naitre en moi la volonte de me convertir et de peut-etre meme faire l'Alyah au pays du Tanakh. Cela m'attirait a un point que je ne pouvais pas resister.

 

Et pendant tout ce temps, tu as cache ta passion a tes parents ?

"Oui. Je leur ai dit que j'avais un hobby et que j'apprenais sur Israel, mais sans approfondir le sujet, sans parler de mes intentions et de mes sentiments. Je sentais que cela ne leur plairait pas. Ils etaient tellement anti-religion, que je savais qu'ils n'accepteraient pas mes activites concernat le Tanakh, l'hebreu et encore moins le renforcement de ma foi. Avec mon dictionnaire et a l'aide de grands efforts, je faisais des phrases en hebreu et les envoyais a ma correspondante en Israel. Une fois, j'etais dans la cuisine et j'ai recite la 'birkat hamazon'. Ma mere, qui etait derriere moi, repris une certaine phrase. 'Hie, je lui ai dit, comment tu sais ca ?' Elle m'a repondu que quand elle etait adolescente elle s'etait occupee d'une petite fille juive d'une famille religieuse et qu'elle pensait avoir entendu cette phrase apres le repas". Et a partir de la commence le tournant de l'histoire.

 

La mere de Yossi

 

Dans l'Hollande de cette epoque, le service militaire etait obligatoire pour deux ans. Quand Josephus recut son ordre de recrutement, on lui demanda de remplir certains documents. Entre autres choses, on lui demanda de dire par quel religieux il voulait etre suivi pendant son service. Il avait le choix entre un pretre, un imam et un rabbin. "Sans reflechir a deux fois, j'ai dit que je voulais un rabbin". Avant le debut du service, le rabbin a convoque les futurs soldats. Il n'a pas vraiment compris ce que moi, le goy chretien, je faisais dans le groupe. A la fin de cet entretien, j'ai annonce au rabbin que je voulais me convertir et que j'avais decide de devenir juif pour participer a l'histoire juive et suite a des pulsions spirituelles. Le rabbin m'a alors annonce que la religion juive n'acceptait pas de nouveaux croyants. J'ai insiste. Il a de nouveau tente de me faire changer d'avis, il m'a dit qu'en tant que passion, c'etait sympathique mais que ma place etait au sein de la chretiennete ou j'etais ne. J'ai continue d'insister.

 

"Ce n'est que plus tard que j'ai appris que selon les lois de la conversion, le rabbin doit d'abord essayer de rejeter le postulant, et que ce n'est que s'il insiste vraiment, ce qui sous-entend qu'il a vraiment compris les implications qu'impliquent le fait d'etre juif, et que ce n'est pas qu'un coup de tete, que le rabbin accepte de former le futur converti comme il se doit".

 

Avant le service militaire, une date de conversion fut fixee.

 

"Le rabbin m'a annonce que dans le cadre du processus de conversion, je devais etre circoncis. A cause de mon age, il etait evident que cela se ferait dans un hopital. Il s'agissait d'une petite operation, mais avec des risques de complications".

 

"J'avais le dos au mur. A cause de cette operation je devais tout dire a mes parents."

 

Il se rappelle les details de cette discussion fatidique avec ses parents, au cours de laquelle il leur annonca sa decision de se convertir. "Mes parents etaient dans la cuisine. Je suis alle les voir et leur ai annonce que je devais leur dire quelque chose. Ils n'ont pas vraiment compris ce qu'il se passait. Je me souviens qu'ils se sont regardes l'un et l'autre avec un regard inquiet. Je les ai fait s'asseoir sur le canape du salon. Je me souviens vraiment de la scene : ils etaient assis sur le canape deux places, et moi j'etais en face d'eux, dans le fauteuil. J'ai commence par leur rappeler que depuis les deux dernieres annees, je m'interessais a Israel. Ils ont acquiese avec la tete. Je leur racontais ce qui s'etait passe pour moi pendant cette periode, je leur ai parle du renforcement de ma foi en D.ieu et dans le judaisme en general. Et apres leur avoir parle et parle, je leur ai annonce  : 'j'ai decide de faire partie du peuple juif, et dans quelques jours je me fais circoncire et je me convertis".

 

"Ma mere n'a pas reagi. Elle a bouge la tete et c'est tout. Mon pere m'a dit que chaque homme a le droit de vivre sa vie comme il l'entend et selon sa foi, tant qu'il ne fait de mal a personne". Des larmes brillerent dans les yeux de Yossi quand il arriva a cette partie de son histoire.

Il baissa la tete un moment, prit une respiration profonde et raconta ce moment dramatique de sa vie : "deux semaines apres cette discussion avec mes parents,  ma mere vint dans ma chambre. J'etais assis a mon bureau et j'apprenais. Ma mere s'assit sur mon lit et me declara soudain : 'Je dois te parler. Je veux te dire que tu n'as pas besoin de te convertir, tu es juif parce que je suis juive'".

"Pendant une bonne heure elle me raconta son histoire. J'etais sous le choc. J'avais l'impression que quelque chose de divin m'etait arrive, que j'avais une protection personnelle. Je l'ai ecoutee, comprenant qu'elle disait la verite, mais j'avais du mal a integrer tout ca. Nous nous sommes enlaces. J'ai pleure, mais pas elle". Elle lui a dit que ses larmes s'etaient epuisees a la fin de la guerre, quand elle a appris qu'elle etait la seule survivante et que toute sa famille avait peri pendant la shoah.

 

Le premier coup de telephone fut pour son rabbin. "Il etait sous le choc et a tout de suite demande des details sur la famille. Apres quelques jours, il m'a rappele et a confirme. Il m'a dit que j'etais juif de naissance. J'ai economise une conversion, mais pas la circoncision".

 

Quelqu'un etait avec toi pour la circoncision ?

"Non, j'y suis alle seul. C'etait dans un petit hopital juif d'Amsterdam. Je me suis fais tout seul la benediction pour la circoncision"

 

La decision de Rosa a accompagne le fils de Yossi plusieurs annees apres, quand il s'est rendu a Auschwitz. Avant le voyage, il lui a ecrit : "ton arriere grand-mere Lena, la mere de grand-mere Rosa, avait 54 ans a sa mort. Elle a eu 12 enfants de 2 mariages. Pendant ces terribles mois de l'ete et l'automne 1942 dans Amsterdam occupee, ils ont entasse des familles entieres dans des trains qui partaient pour l'est, pour une destination pas tres claire. Ils ont parle de camps de travail, de regions fermes. Puis vint le tour de Lena et de son mari Benyamin et des enfants qui vivaient encore chez eux. Lena, comme beaucoup d'autres, ne voulait pas croire qu'elle allait vers la mort. Elle pensait travailler dur, peut-etre etre enfermee pendant longtemps, mais pas plus que cela. Il y avait beaucoup de gens dans le train, et Lena protegea ses enfants tant qu'elle le put".


"Le train s'arreta a un quai et Lena descendit avec sa famille. A l'arrivee au camp, son mari Benyamin fut separe de sa famille. Il a fait un signe de la main et leur a peut-etre dit 'on se revoit plus tard'. Lena et ses enfants se sont avances puis le soldat nazi a ordonne aux enfants de se separer de leur mere. Ils ont tous pleure et Lena ne voulait pas les abandonner mais elle y a ete obligee. On se reverra plus tard, a surement pense Lena en continuant d'avancer toute seule. "Deshabillez-vous et entrez sous la douche", leur a-t-il ete ordonne. Il y a eu des cris et des pleurs, et quand les gens ont commence a tomber, elle a compris quel etait le destin amer reserve a elle et sa famille".
 

 

"Et quand elle tomba elle aussi, son ame poussa un cri tourmente. Il est possible de ressentir la profondeur de sa douleur. Il est possible d'entendre l'echo du cri qui retentit entre les murs etanches de cette piece qui s'est remplie de gaz mortel. Maintenant, imagine six millions de ces cris et tu comprendras ce qu'a été la shoah".

 

Petit à petit, il decouvrit toute l'hisoire de la vie de sa mère Rosa de la maison Pollack. Elle avait 26 ans quand les allemands ont commencé à déporter les juif hollandais vers les camps d'extermination. A cette époque, elle travaillait comme infirmière dans un hôpital psychiatrique juif dans l'Est de la Hollande. Elle vivait avec son jeune frère et sa soeur mariée, et ils travaillaient aussi à l'hôpital. Les informations sur le sort des juifs commencèrent à circuler. Le réseau secret juif informa la direction de l'hôpital que les allemands s'apprêtaient à faire une descente sur l'hôpital dès le lendemain. Ils laissèrent partir ceux qui pouvaient et ils furent menés à un endroit secret.  

 

Rosa se sépara de son frère et de sa soeur et commenca a aller de cachette en cachette. Son dernier abri fut chez une femme chretienne estimee, qui cacha en plus d'elle, une autre famille juive. Pendant trois ans, elle a vecu dans une cave obscure, apeuree et tremblante a chaque son, a chaque bruit de pas au-dessus de sa cachette. "Je me souviens qu'etant enfant, on partait en promenade et on faisait du camping. Nous avions l'habitude de dormir dans une tente en pleine foret. Ce n'est qu'apres que j'ai compris ce qu'a vecu ma mere, qui n'arrivait pas a dormir et que chaque bruit faisait sursauter. Mon pere devait sortir de la tente et revenir en disant que c'etait un ecureuil ou un oiseau ". Le 5 mai 1945, ce fut le jour de la liberation. Au fur et a mesure, les juifs sont sortis de leurs cachettes, le peu de juifs qui restaient. "Ma mere est sortie de sa cachette, c'est comme cela qu'elle me l'a raconte lors de notre unique discussion sur le sujet, et elle a commence a chercher sa famille. Elle a fait le tour de toutes les organisations de secours et de refugies, elle a envoye des lettres a tout le monde, elle s'est rendue a tous les endroits qui disposaient d'informations, a toutes les adresses qu'elle connaissait, elle a cherche ses parents, son frere, ses soeurs et ses neveux. Et alors, les reponses ont commence a arriver. Elle a recu les coups les uns apres les autres.  La liste des disparus peut-etre encore en vie ne faisait que diminiuer au fur et a mesure que les lettres arrivaient, jusqu'a ce qu'il ne reste qu'un seul nom. Puis la derniere lettre est arrivee et elle debutee avec ces mots : "nous avons le regret de vous informer...". Ma femme fut seule, completement seule".

 

"Puis il y eut un cri venu du coeur, un cri de douleur, de perte d'un tout, un cri de destruction", ecrit Yossi dans la lettre pour son fils. "Il etait possible de sentir la profondeur de la douleur, d'entendre le cri qui resonne sur les murs vides, tellement vides. Et maintenant, imagine-toi des millions de cris comme celui-la, et tu seras un rescape de la shoah".

 

A partir du moment ou elle comprit qu'elle etait l'unique survivante, sa mere prit une decision : elle ne revelera a personne qu'elle est juive, elle cachera ce fait de son passe. Ca n'a pas ete, ce ne sera pas, elle est chretienne.

 

"Maman m'expliqua qu'elle avait pris cette decision pour sauver ses futurs enfants. Elle etait persuadee que les allemands allaient revenir pour finir ce qu'ils n'ont pas fini de faire. Elle craignait qu'apres s'etre mariee et avoir eu des enfants, les nazis reviennent, et que comme sa propre mere, elle ne reussissse pas a empecher leur mort, et pour cette raison, elle decida d'effacer son judaisme et de ne jamais en parler".

 

Comme en Hollande, la religion n'est pas inscrite sur la carte d'identite, elle continua sa vie sans parler a personne de sa naissance juive. "Quand mon pere, qui pendant la guerre aida la resistance hollandaise, lui a propose de se marier, ma mere decida de lui reveler son secret. Elle n'avait qu'une demande : que ce secret reste en son coeur. Et ce qu'il fut fait. D'ailleurs, apres s'etre ouverte a moi et m'avoir tout revele, elle se referma de nouveau et jusqu'au jour de sa mort elle n'en reparla jamais. J'ai tout decouvert tout seul, dans les archives hollandaises, et ca m'a pris plusieurs annees".

 

Le choix de Yossi

 

Deux mois apres cette revelation, Yossi commenca son service militaire au sein de l'armee hollandaise, ou il servit deux ans en tant que conducteur de char. Quatre mois apres la fin de son service, il informa ses parents qu'il faisait son Alyah en Israel. "J'ai fait mon Alyah le 12 novembre 1974. J'avais 21 ans. La separation a l'aeroport a ete difficile. Mon pere pleura, ma mere ne fit que m'enlacer, mais je savais une chose : je voulais etre juif sur la terre d'Israel. De l'aeroport, je suis arrive a Kvoutsat, Yavne, pour l'oulpan. J'avais une chemise et deux grosses valises. C'est ainsi que ma femme, qui a fait son Alyah a partir de l'Australie et est arrivee au meme oulpan, me vit pour la premiere fois. Un an et demi apres, nous nous sommes maries. Nous avons  cinq enfants, des garcons, ils sont tous combattants dans des unites d'elite. Mes parents sont venus pour le mariage et etaient avec moi sous la Houpa. Apres, ils sont venus chaque annee pour un sejour d'un mois et moi j'allais les voir en Hollande deux fois par an, pour etre avec eux et creuser mon passe".

 

Il y a trois ans mes parents sont morts, avec un ecart de deux semaines entre eux. Yossi a ecrit en hebreu sur leur tombes "que leur memoire soit benie".

 

Son frere, Hans, qui vit en Hollande, a choisi un mode de vie different - mais il a decouvert qu'il ne pouvait pas echapper a son destin. "Apres que ma mere m'ait raconte son histoire, je la lui ai raconte a lui. Mais cela ne l'a pas vraiment interesse. Il fit la connaissance d'une hollandaise et ils deciderent de se marier. Avant le mariage, il lui raconta qu'en fait il etait juif, que peut-etre que ses parents a elle etaient antisemites. Elle se mit a rire et lui revela 'je dois t'avouer que ma mere est juive'. Alors, du coup meme ses enfants a lui son juifs. Et en cela aussi je vois un geste divin".

 

"Les nazis ont voulu faire disparaitre la famille de ma mere de la surface de la terre, et ont presque reussi. Presque. Chaque fois que je me reveille le matin, je benis deux choses : "mon appartenance au peuple d'Israel, auquel j'ai choisi d'appartenir librement et sans savoir que je lui appartenais deja, ce qui me donne encore plus de responsabilite. Et sur le fait qu'en tant que juif je transporte avec moi toute l'histoire, du Mont Sinai et jusqu'a nos jours. Chaque jour je ressens que moi et ma famille - mes cinq enfants, cinq neveux et quatre petits-enfants - avons vaincu les nazis qui ont voulu couper les racines de cet arbre, qui sort pourtant encore et encore de nouvelles feuilles".

 

Yossi a ete deux fois a Auschwitz. "La premiere fois, quand j'y suis alle avec mon fils, nous avons marche a l'interieur avec le drapeau d'Israel. Nous avons beaucoup pleure et j'ai senti que j'etais enveloppe dans le drapeau et que c'etait lui qui me donnait de la force, plus que moi le tenais. Nous avons parle de ma mere et de ce qu'a vecu ma famille. La deuxieme fois, j'etais a la tete d'une delegation envoyee par les services penitentiers israeliens dans le cadre du projet 'Temoins en uniforme'. Quand nous avons marche sur les rails du train en direction de Birkenau, avec l'uniforme et en tenant le drapeau d'Israel, j'ai su qu'en haut on me voyait et qu'on etait fier de moi".

 

Traduit de l'hebreu par David Goldstein pour Haabir-haisraeli. 

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