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« Comme je ne sais pas parler, je chante »

 



Lundi 09 juin 1930, naissance à Paris, près du square des Batignolles, de Monique Andree Serf, fille de Jacques Serf, juif alsacien, et d'Esther Brodsky, originaire d'Odessa en Ukraine.


Son grand-pere, Moise Brodsky, ne en Moldavie, decede a l'age de 60 ans et est enterre a Bagneux.

Barara commencera à chanter dans des cabarets sous le nom de Barbara Brodi, nom inspiré de sa grand-mère,Varvara Brodsky, originaire de russie.

Barbara a deux freres et une soeur, Jean, l'aîné de deux ans, Claude, et Régine.

En 1937. Les Serf font leurs valises. Devant la montée de l'antisémitisme et l’insistance des huissiers, ils partent pour Marseille.

1939. Après un bref détour au Vésinet, c'est de nouveau le départ forcé et précipité. La guerre éclate et le père est mobilisé. Esther, la mère, confie Monique et Jean à leur tante. Direction le sud.

1942. Le père, Jacques, est démobilisé. La famille se retrouve à Tarbes. C’est la guerre, les Juifs sont pourchassés, les Serf sont dénoncés. De nouveau sur la route.

Bien avant que la guerre ne soit déclarée, sa jeunesse est marquée par des déménagements successifs ; ceux-ci redoubleront sous l’occupation nazie pour fuir la chasse faite aux Juifs sous le gouvernement de Vichy. S’y ajouteront les séparations pour déjouer les dénonciations.

Dans ses Mémoires interrompues, Barbara évoque les années noires de la Seconde guerre mondiale qui contraignent ses parents à fuir à travers la France avec leurs quatre enfants : « Nos parents nous recommandaient de ne rien dire de notre vie. Ne rien dire avec la différence physique et l’arrogance avec laquelle je disais, justement, que j’étais juive […] Je n’avais ni honte ni fierté particulière d’être juive, mais le fait de lire ma singularité dans le regard des autres me rendait agressive.»

De par sa musique et sa sensibilité, la "Dame en noir" a contribué au rapprochement historique entre l'Allemagne et la France avec courage de par son histoire personnelle. Barbara est dans le sillage de ces pionniers des relations franco-allemandes qui ont participé avec courage à la construction européenne.

Entre les spectacles à l'Olympia et sur les autres grandes scènes, Barbara a su se mobiliser pour sensibiliser sur des enjeux sociaux et se joindre à la lutte contre le Sida.

PARIS, 25 nov (AFP) - Barbara, morte lundi soir, avait confié à maintes reprises, qu'elle privilégiait "les combats clandestins" aux prises de position trop "ostentatoires".


Ses combats clandestins, elle les avait d'abord livrés contre la peine de mort, "une cause qui m'a toujours trouvée disponible", et qui l'avait rapprochée de François Mitterrand. Par la suite, elle s'était attachée à encourager les malades dans leur lutte contre le sida.

Sous le titre "Virus", Télérama avait consacré une page, en 1990, à "Sancta Barbara", à ses visites aux toxicomanes "partis", à la fois "révoltés et d'une grande dignité, me demandant de témoigner".

Trois ans plus tard, la chanteuse avait toutefois précisé: "Je ne crois pas au pouvoir des artistes, mon nom n'est pas puissant pour défendre une cause importante".

Barbara avait épousé depuis bien longtemps la cause de ceux qui sont atteints par le virus du sida. Ainsi, dès 1987, elle avait interprété "Sid'amour", collecté des préservatifs entassés dans des cartons et distribués chaque soir à Paris ou en province, à l'issue de ses spectacles. Elle avait alors milité en faveur de l'installation de distributeurs de préservatifs dans les écoles et lycées.

Ces dernières années, Barbara les avait consacrées à la cause des détenus, auxquels elle rendait visite régulièrement, selon ses proches qui rappellent qu'elle avait chanté en milieu carcéral.

"Bougez-moi tout ça..."

Ancien président d'Act up, Marc Nectar, interrogé par l'AFP, explique qu'elle ne cessait de s'inquiéter des conditions de détention. Récemment, poursuit-il, elle avait été "la seule personnalité à signer un texte favorable à la fourniture de seringues dans les centrales. En la circonstance, elle n'avait pas manqué de courage, comme de coutume".

Menant son combat dans l'ombre, Barbara n'était pas une militante d'Act Up. "Elle était bien plus que ça, une amie", souligne Marc Nectar qui ajoute qu'"au jour le jour, depuis sa maison où elle demeurait discrètement enfermée, elle se tenait informée de nos activités. Elle se montrait très exigeante. N'hésitez pas à me solliciter, nous priait-elle".

"Bougez-moi tout ça...", avait-elle demandé à Marc Nectar, lors de leur dernière liaison téléphonique."

C'est de sa propre initiative que Barbara avait légué à Act up les droits de la chanson "le couloir", celui qui, en milieu hospitalier, dessert toutes les chambres, issue d'un dernier album évoquant la maladie, l'insomnie, la douleur ou bien encore la grisaille de cette fin du siècle. Néanmoins, la dame en noir n'avait "aucune fascination pour la mort".

"Je ne m'en vais pas dans les cimetières, je ne me promène pas comme une chouette sur les toits", confiait à Libération, il y a neuf ans, celle dont la voix vient de s'éteindre. "J'ai horreur de la mort, mais je suis fascinée par la vie, ajoutait-elle. On a peur de perdre les gens qu'on aime, quelquefois de mourir soi-même..."

L'artiste et la personne privée vivent dans cette ambiguïté faite de fragilité et de force, se traduisant à la fois par un isolement et un engagement public.

Les habitants de Précy sur Marne où Barbara résidait se souviennent de sa grande générosité en particulier, pour les enfants que Barbara n'oubliait jamais pour les cadeaux de Noël.

Alors qu'elle s'attelle à la rédaction de ses mémoires, Barbara meurt le 24 novembre 1997 à Neuilly-sur-Seine. Elle repose dans le caveau de la famille Brodsky auprès de sa mère Esther et de ses grands-parents, au cimetière de Bagneux (Hauts-de-Seine) dans le carré israélite de la quatrième division de l'avenue Marx Dormoy.

La soeur de Barbara, Regine, vit en Israel, loin des strass et des paillettes !

Barbara etait la cousine de mon grand-pere Jacques Itshak Goldstein du cote paternel, Brodsky du cote maternel.
 
 
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David Goldstein 
Tag(s) : #Culture

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