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40 ans apres le meurtre des athletes israeliens, il restait a publie les discussions dramatiques du gouvernement et les ecrits secrets qui se cachent derriere. Cri de frustration vers le ciel du chef du Mossad qui a regarde de pres l'echec de l'operation ("pourquoi vous n'etes pas desoles ?") et jusqu'a la complaisance allemande ("un attentat ? Ici il y a une atmosphere olympique, il ne se passera rien"). Retour a Munich.

 

אחד המחבלים במרפסת הבית במינכן, 1972 (צילום: AP)

 

Le 5 septembre 1972, a 08:45, un message de l'amabassadeur d'Israel a Bohn arrive au ministere des affaires etrangeres a Jerusalem. Les rumeurs, les rapports embrouilles et l'incertitude generale sur ce qu'il se passe s'est transforme en un instant en une horrible realite : attentat terroriste a Munich, en pleins jeux olympiques, contre la selection israelienne. 

 

"Selon les informations fournies par la police, ce jour a 05:00 du matin un groupe de palestiniens armes de mitraillettes s'est attaque a la selection olympique israelienne dans le village olympique de Munich", c'est ce qui est ecrit dans la depeche historique. "Selon les premieres informations les arabes se sont introduits dans les logements de la selection, ont tue l'entraineur et auraient blesses d'autres personnes. Les agresseurs retiennent des otages et exigent la liberation d'arabes retenus prisonniers en Israel. La police a ferme le secteur et le commandant de la police est en train de negocier avec les ravisseurs. Les informations ne sont pas claires, le consul Shamir est parti pour le village olympique", c'est le moment ou a commence le drame.

 

Les documents reveles aujourd'hui par les archives de l'etat, dans le cadre du projet mis en place pour marquer les 40 ans du massacre des sportifs de Munich, decrivent les details et le deroulement des evenements dans les coulisses et jusqu'a la fin amere de la mission de sauvetage allemande qui a echoue - alors il s'est avere que 11 athletes israeliens ont ete assassines de sang froid par les terroristes de 'septembre noir'. C'est ecrit noir sur blanc a la machine a ecrire, en gras, et avec des annotations ecrites a la main, les documents qui sont restes secrets tout ce temps racontent les coulisses des evenements de cette terrible journee : comment Israel a suivi les tentatives de sauvetage qui ont echoue, comment le chef du Mossad a suivi la tentative de sauvetage et a vu le massacre de ses yeux, les sentiments mitiges envers les allemands, et la grande colere contre le comite olympique qui a decide de continuer les jeux.

 

המשלחת הישראלית צועדת בטקס הזיכרון במינכן (צילום: AFP)

La selection israelienne pendant LA journee consacree auc victimes de Municch

 par le comite olympique

 

"Les athletes sont dans un etat psychologique desastreux"

 

Le drame de Munich a commence a 05:00 du matin lorsque 8 terroristes ont penetre dans les chambres de la selection israelienne dan le village olympique. Moshe Weinberg et Yosef Romano ont ete tue sur place, 9 autres athletes ont ete pris en otage. Les ravisseurs ont exige la liberation de 200 palestiniens detenus dans les prisons israeliennes, et la possibilite pour eux de sortir d'Allemagne - sinon ils tueraient 2 otages toutes les deux heures. Le gouvernement israelien refusa de ceder aux exigences, et les terroristes reculerent a plusieurs reprises leur ultimatum.

 

Les negociations ont continuees jusqu'a 21:00, alors les terroristes ont accepte d'etre transferes avec les otages jusqu'a l'aeroport de Munich, d'ou ils s'envoleraient pour un pays arabe. La police allemande les amena avec les otages par helicoptere jusqu'a l'aeroport, et avait prevu de les attaquer et de sauver les israeliens. Mais quand plusieurs terroristes sortir des helicopteres pour inspecter l'avion promis, des snipers allemands leur tirerent dessus, et le combat commenca. Les terroristes firent exploser un helicoptere, et tuerent les otages dans le second. Tous les ravisseurs furent tues. L'echec de cette operation fut tres critique. Le comite olympique decida de continuer les jeux, qui ne furent interrompus qu'une journee.

 

Des les premieres heures qui suivirent le debut des evenements, une avalanche de depeches emanant de l'ambassade d'Israel a Bohn arriva au ministere des affaires etrangeres a Jerusalem. L'ambassadeur, Elyashiv Ben-Horin, tenait informer le gouvernement avec les informations limitees en sa possession. L'ultimatum presente par les terroristes fut recule plusieurs fois dans la journee grace aux negociations avec les allemands, a chaque fois pour une heure supplementaire, mais la menace d'assassinat des otages devenait de plus en plus importante. Le 5 septembre a 12:20, 7 heures apres le debut de la prise d'otages, Ben-Horin informe : "les arabes ont fixe un ultimatum qui se termine a 12:00 (ici il est 11:22). Si d'ici la il ne se passe rien, ils tueront 2 des otages. Les allemands sont prets a utiliser la force, le terrain est complique".

 

המשחקים נמשכו, הדגל הורד לחצי התורן (צילום: Gettyimges)

Les juex ont continue avec le drapeau en berne

 

Six heures plus tard, a 18:20, l'amabssadeur informe que le ministre des affaires etrangeres, Hans-Dietrich Genscher, a rencontre les otages, et ils lui ont transmis que la proposition des terroirstes de les amener au Caire "peut-etre une bonne chose". Ben-Horin declare que d'apres les impressions du ministre de l'interieur, "les athletes sont dans un etat psychologique desastreux" et qu'il faut prendre ca en compte. A 23:00 debute l'operation, une autre depeche arrive. "Les terroristes et les otages ligotes sont montes dans les helicopteres", ecrit l'ambassadeur, et il precise que le ministre des affaires etrangeres allemand a propose que lui et son adjoint prennent la place des israeliens en tant qu'otages jusqu'a ce que soient finies les negociations. La reponse fut : "nous n'avons pas besoin d'allemands mais d'israeliens".

 

Les rapports suivants se rapportent au chaos qui a regne sur l'aeroport de Munich, ou furent transportes en helicopteres les terroristes et leurs otages. Ben-Horin tente de tenir informer le gouvernement israelien a partir de l'aeroport sur le deroulement de l'operation, mais au milieu des tirs il a lui meme du mal a comprendre ce qu'il se passe - meme quand il y a des victimes des tirs il n'arrive pas a savoir de qui il s'agit. "Sous un des helicopteres est couche un groupe de personnes qui, selon ce que je vois, ne sont pas touches. Trois personnes, je ne sais pas si ce sont des terroristes ou des gens a nous, sont couches a l'ecart de l'helicoptere, ils ne bougent pas, je suppose qu'ils sont blesses. Deux terroristes se sont enfuis mais ont les voit a cote de la barriere grace aux projecteurs".

 

Le 6 septembre, a 00:50 heures israelienne, il informe : "il y avait 8 terroristes, 4 sont morts, 2 sont en fuite mais sont visibles a la lumiere des projecteurs, et 2 autres sont encore avec nos sportifs qui sont couches sous l'helicoptere. Nous ne savons comment les notres se portent. Un policier allemand a ete tue, et deux autres blesses". Il parle aussi de l'helicoptere en flamme. "Du terrain on nous dit qu'il se passera surement encore une heure jusqu'a ce que l'on connaisse la situation finale", declare t-il a 01:45.

 

מברק שנשלח לשגריר בארה

 

40 minutes plus tard la dure realite est revelee. "Le ministre des affaires interieures de Baviere a appele l'ambassadeur et lui a dit : "les tirs sont finis. Sur les 8 terroristes 6 ont ete tues et 2 ont ete arretes", informe Ben-Horin le ministere des affaires etrangeres a Jerusalem dans un message court. Au meme moment, en Allemagne, des officiels commencent a parler de la reussite de l'operation, et rapportent que les otages ont ete sauves. En Israel et dans le reste du monde on se fie a ces declarations, suspendus a elle avec beaucoup d'espoir, il y a meme des soupirs de soulagement. Mais l'ambassadeur a Bohn insiste : nous n'avons aucune confirmation que les otages sont sauves.

 

A 02:44 Jerusalem recoit ce message : "l'ambassadeur est au bureau de police et nous attendons une information officielle". Les respirations s'arretent, a 03:10, heure d'Israel, il s'avere que Ben-Horin avait raison. La joie etait prematuree. Les resultats de l'echec de l'operation sont revelees, et elles sont terribles. "Tsvi Zamir confirme qu'ils sont tous morts", les victimes de Munich reviendront dans des cercueils.

 

Sabena ne marchera pas cette fois 

 

Les documents publies par les archives nationales donnent un regard historique sur la consternation et la frustration des dirigeants israeliens et des membres des services de securite presents pendant l'operation allemande qui a echoue. Pour la premiere fois le temoignage precis du chef du Mossad de l'epoque, Tsvi Zamir, qui a vu de pres l'echec du sauvetage sur le terrain de l'aeroport allemand est revele. Le 6 septembre 1972, quelques heures apres l'echec de l'operation, Tsvi Zamir presenta au conseil des ministres a Jerusalem ce que ses yeux ont vu, et l'accueil froid qu'il n'attendait pas de la part des allemands.

 

צילום: עופר עמרם

Tsvi Zamir

 

Le ministre de la defense Moshe Dayan, raconte Zamir a l'assistance, etait cense se joindre a moi a Munich. Un jour avant ca, raconte le premier ministre de l'epoque Golda Meir, aux membres de la commission de la defense : "Dayan est venu me voir et m'a dit : comment faire avec les arabes - je suis specialiste, je suis pret a partir la-bas. Je lui ai dis : va". La raison pour laquelle il a renonce a partir pour l'Allemagne est que sa venue a ete revelee et qu'il a eu peur que sa venue officielle aggrave la situation.

 

C'est pour cela que Zamir fut envoye en Allemagne, avec un membre des services de securite, qui parlait arabe, qui devait a la base accompagne Dayan. "Nous sommes arrives a Munich au siege de la police sur le campus des jeux olympiques, dans le bureau de notre ambassadeur. Pendant plusieurs minutes il m'a rapporte ce qu'il s'est passe et qu'elle etait la situation actuelle. Il m'a dit qui gerait les operations. J'ai dis a l'ambassadeur : vient on va trouver le commandant des operations".

 

Le responsable des operations etait le ministre des affaires interieures de Baviere, ou se trouve Munich. "Il m'a donne une description tres courte de la situation, il ne parlait pas bien l'anglais et ca a ete complique. Il m'a dit : "il ont donne un ultimatum qui touche a sa fin a 21:30 et alors il tueront 2 otages si on ne les laisse pas partir. Il etait tres impatient, et en plus mon impression a ete que tout cela les embarassaient beaucoup et qu'ils voulaient finir cette histoire d'une facon ou d'une autre. Je lui ai dit que dans ce cas la patience est notre arme la plus precieuse. Je lui ai dit - a des fins tactiques - que l'etat d'Israel prenait tres au serieux cette affaire. La base de l'echange, leur donner 200 personnes. Il m'a repondu que ca il leur avait deja dit. Ce a quoi les terroristes lui ont repondu que l'objectif etait de les fatiguer et qu'ils ne tiendraient pas une autre nuit, ils lui ont dit : nous voulons partir pour le Caire et sinon nous les tuerons".

 

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Selon Zamir, le ministre des affaires interieures de Baviere ne voulait pas retourner voir les terroristes. "Il a accepte mais sans beaucoup de volonte. Il y est retourne, a appele un des terroristes, et il y est alle avec le commandant de la police. Je lui ai dit de leur dire qu'il y a un israelien qui est arrive, et qu'il veut parler avec eux par telephone afin de lui expliquer ce qu'il doit savoir de l'affaire. Cet histoire de telephone il l'a accepte. J'avais le sentiment que de revenir sur l'histoire de l'avion Sabena ne marcherait pas. Moshe (Dayan) a dit que si que si il etait possible de les faire sortir du batiment c'etait mieux. Le ministre est revenu de ses negociations avec le terroriste et a dit qu'il n'etait pas pret pour ca, et qu'il negocierait a partir de l'Egypte et que la-bas ils trouveraient une solution".

 

A ce stade, Zamir precise a l'assistance, le ministre allemand avait deja decide comment allait agir l'Allemagne. L'autobus qui devait emmener les ravisseurs et les otages du village olympique jusqu'aux helicopteres attendaient deja dehors, a proximite des locaux des israeliens. Il a dit : 'je suis pret a prendre le risque. Il y a trois possibilites. La premiere serait d'attaquer dans les chambres, ce serait une catastrophe et tout le monde serait tue' - j'ai visite les lieux et je suis arrive a la conclusion qu'il avait tout a fait raison. Il a dit : 'ils sont 5 terroristes, je les ai vu dans leur chambre. La deuxieme possibilite serait de les atteindre dans l'autobus. Mais ce n'est pas possible parce qu'ils sont tous ensemble. C'est pour cela qu'il y a un plan pour la troisieme option sur le terrain de l'aeroport, il y viendront et nous - les allemands - nous les attendrons la-bas'. Je n'avais pas la possibilite d'autoriser ou pas tel ou tel plan. Je lui ai propose de tenir le coup jusqu'au lever jour, et il a dit que les terroristes tueraient les otages pendant la nuit, deux toutes les heures. il a dit 'notre decision est de ne pas attendre jusqu'au matin'.

 

L'accueil des allemands, dit Zamir a Golda Meir et aux ministres, a ete froid et il a senti qu'il n'etait pas le bienvenue. Peu de temps apres, les ravisseurs et les sportifs sont sortis du batiment du village olympique, en direction de l'aeroport. "Meme les policiers etaient tres enerves contre moi, et ils m'ont accueilli a contre-coeur. Les terroristes et les otages sont descendus a pieds sur la route. Ils sont montes dans l'autobus. "Nous sommes partis avant les otages et les terroristes".

 

"L'incompetence des allemands : il y avait de quoi grimper au murs" 

 

Zamir a raconte qu'a premiere vue les allemands avaient un programme clair et organise. "Le ministre et le commandant de la police ont donne des directives aux pilotes, jusque la le plan se deroulait avec l'exactitude d'une montre suisse. Il a dit que le plan etait comme ca et comme ca, j'ai entendu comment il a dit aux pilotes ou atterrir et comment atterrir, comment descendre et quand descendre exactement. C'etait comme une machine allemande bien huilee, a ce stade nous etions encourages parce que nous avions vu qu'il y avait un programme militaire bien organiser. Mais j'etais inquiet a cause de la nuit et l'obscurite m'inquietait beaucoup. Nous sommes arrives la-bas, a cote de la zone d'atterrissage, et nous avons attendus l'helicoptere du ministre pendant 40 minutes. Les otages etaient attaches les uns aux autres, en groupes".

 

Le premier ministre Golda Meir demanda a Zamir : "ils n'etaient pas attaches aux terroristes ?". Il a repondu : "ca je ne peux pas le savoir. Nous ne pouvions pas nous approcher et nous etions 70 a 100 metres de l'autobus". Zamir est monte dans l'helicoptere du ministre, et avec lui il a decolle pour l'aeroport militaire ou devaient arriver les helicopteres. "Nous sommes arrives 4 minutes avant eux", explique t-il aux ministres. Il a apercu deux helicopteres qui se tenaient cote a cote, et non loin d'eux un avion de la compagnie Lufthansa, qui etait cense a priori transporter les ravisseurs et les otages en Egypte. Il lui fut explique que les pilotes de l'avion etaient armes et qu'il leur avait ete explique de n'agir qu'en cas de besoin. "A ce stade il me sembla que les conditions etaient a peu pres ideales".

 

Cinq terroristes descendirent de l'autobus, une partie d'entre eux parlerent avec les pilotes. "Le fait qu'ils etaient huit etaient apparemment inconnu des allemands", temoigne Zamir. Par la suite, Israel a gravement critiquer l'Allemagne - comment ont ils fait pour ne pas savoir que les terroristes etaient plus que cinq ? "Il etait 23:00 quand les tirs ont debute. Je ne sais pas qui a donne l'ordre de tirer. Et d'apres moi ce sont les allemands eux-memes qui ont tue leur pilote. Ils ont touche un terroriste et l'ont tue, ils ont touche le deuxieme et il est tombe devant l'avion. Il s'est avere plus qu'il n'etait pas mort parce que plus tard il a tire. Un autre s'est cache derriere un helicoptere et s'est mit a tirer lui aussi, il a tire vers nous et les tirs se sont arretes. Meme dans le deuxieme helicoptere un homme a eux (allemand) a ete touche, il a rampe pendant 20 minutes, et alors qu'il etait blesse personne n'a ete le secourir. Je leur ai dit 'pour l'amour de D.ieu', il y a des blesses qui perdent du sang dans l'helicoptere , il y a un de vos hommes qui est blesse ou qui va mourir et vous n'allez pas le sauver ?"

 

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Zamir raconte aux ministres le blocage qui a subitement saisi les responsables de l'operation. A ce moment Zamir a compris que les allemands n'avaient pas de plan d'action alternatif si le plan initial se deroulait mal. "J'ai pense naivement que le plan comprenait quelque chose apres les tirs ou un autre developpement. J'ai ete voir le ministre et je lui ai dit : 'qu'est ce que vous attendez ?' Il m'a repondu : 'ecoutez, je ne suis pas un commandant militaire'. Alors j'ai essaye de trouver le commandant de la police. Notre presence les genait depuis le debut. Il m'a dit 'nous ne voulons pas tirer sur l'helicoptere parce qu'il y a des gens et nous attendons des vehicules blindes'.

 

Zamir raconte : "l'incompetence commence de ce que je pensais que les tirs venaient de snipers qui tiraient avec leurs fusils, en fait ils avaient tire avec des pistolets. Dans un des cas il y avait eu un tir de Uzi (Il s'est avere qu'il y avait la-bas un fusil ou deux). Il n'y avait pas de vehicules blindes et ils les ont fait venir de Munich, ils m'ont dit qu'ils seraient la d'ici un quart d'heure - ils ont mit une demi heure voir quarante minutes. Ils n'avaient pas de moyen d'eclairage portable, ils sont partis chercher de la lumiere. Qu'est-ce que je peux vous dire ? Il y avait de quoi grimper au murs".

 

"Ils sont tous morts, attaches les uns aux autres"

 

Zamir, qui regarde la catastrophe sans pouvoir intervenir, comprend que si quelque chose n'est pas fait tout de suite, les athletes qui sont dans l'helicoptere sont condamnes. Il raconte aux ministres : "j'ai dit au commandant de la police, ecoutez, il y a ici un haut-parleur, laissez nous parler avec eux en arabe. Si on ne leur donne pas un moyen de s'en sortir ils se battront jusqu'au bout. Il m'a dit qu'ils ne voulaient pas negocier maintenant. Je lui ai dit : 'quelles negociations ? Laissez moi leur dire qu'ils peuvent partir pour l'Egypte et ils commenceront a parler de ca'. Apres cela ils ont accepte qu'une information leur soit donnee en allemand, nous sommes montes sur le toit - l'allemand et moi nous avons tenu le haut-parleur. L'allemand leur a dit qu'ils etaient encercles et qu'ils n'avaient aucune chance. Ils ne sont pas sortis et n'ont pas repondu. Nous avons parler en arabe".

 

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En 2012 les israeliens ont demande une minute de silence au comite olympique : demande refusee !

 

Selon Zamir, "Ils (les allemands) n'avaient aucun plan pour la suite et aucun moyen d'action alternatif. Il n'y avait rien de prevu pour le cas ou cela se passerait mal. En resume, quand les vehicules blindes sont arrives ils ont ouvert le feu et un terroriste a lance une grenade au phosphore sur un helicoptere qui a prit feu. Alors un camion de pompiers est venu en quelques minutes pour  eteindre le feu et les terroristes ont ouvert le feu. Il etait a peu pres 01:00, apres une guerre d'une heure, et les tirs venaient du deuxieme helicoptere. Ce qui veut dire qu'il y avait la-bas aussi des terroristes, ils etaient bien 8 et non pas 5. Mon D.ieu.

 

Zamir compris l'ampleur de la catastrophe et exhorta les allemands de prende l'assaut, mais ses paroles tomberent dans l'oreille d'un sourd. "Je leur ai dit : ecoutez, il n'y a deja plus rien a perdre, allez y ou nous nous allons a l'helicoptere. Ils ne m'ont pas laisser faire. Quand les tirs ont commence ils se sont tous sauves dans le batiment. Et alors un major de l'aeroport est venu me voir et m'a dit : 'je suis desole mais ce n'est pas l'armee ce que tu vois ici'. Apres de longues minutes et d'enervement, les allemands ont maitrise les trois terroristes encore vivants." Zamir  s'est approche de l'helicoptere, choque par ce qu'il voyait. "Quand je me suis approche j'ai vu nos athletes, assis. Il y avait la-bas un terroriste, et d'apres moi c'est lui qui les a tues. Ils etaient tous morts".

 

Golda Meir : "ils etaient assis, attaches ?"

Zamir : "oui, attaches les uns aux autres"

Meir pointe le doigt sur le plan et le deuxieme helicopteres : "et la ils auraient ete brules"

Zamir : "oui, le pilote allemand etait mort aussi ainsi que les terroristes. J'ai dit a l'ambassadeur que d'apres moi, et je le dis en en prenant toute la responsabilite : ils n'ont pas fait l'effort minimum pour sauver des vies, il n'ont pas prit le risque minimum pour essayer de sauver des gens, ni les leurs ni les notres. Un pilote allemand a ete brule, il etait allonge a quarante metres d'eux, je leur ai dit : un homme blesse rampe depuis deja 200 metres, sortez le de la ! Il rampait a quatre pattes, blesse, et personne ne lui a porter secours".

 

La tension entre Zamir et les allemands n'a fait qu'augmenter. "Notre presence les a gene tout le temps. Avec toute cette incompetence, c'etait terrible pour lui qu'il y ait des israeliens qui voient ce qu'il se passe alors que 3 terroristes tiennent en joue 400 policiers allemands. Je raconte en apparte cette histoire : quand j'ai vu que nos morts etaient emmenes vers les ambulances, j'ai soudain regarde et vu que les helicopteres decollaient. J'ai dis courrons et prennons un helicoptere pour rentrer avec eux. Nous sommes arrives avant qu'il ne decolle, il y avait a bord le commandant de la police et il a dit : 'il n'y a pas de place'. Il n'ont pas eu la moindre politesse elementaire. Il savait qu'il parlait avec le representant d'Israel".

 

Le premier ministre Golda Meir evita pendant cette reunion de mettre toute la faute sur les allemands. "Regardes, je n'etais pas la-bas et nous devons etre precis dans notre estimation. Quand ils se sont prepares, quand ils sont entres en action, ils voulaient le faire. Le but etait de sauver les hommes". Le chef du Mossad lui repond : "il n'ont pas pris le moindre risque pour les sauver, ils ont tire a la turque. Ils etaient couches derriere des abris et ont tire, mais il etait impossible de bouger qui que ce soit de derriere leurs abris".

 

ממתינים למבצע ההשתלטות במינכן. זה נגמר בכישלון (צילום: AFP)

 

"Pourquoi les allemands n'ont pas appele l'armee ?", a t-il ete demande a Zamir qui a repondu que cette question avait deja ete posee aux services de securite allemands. "J'ai dis a Wassel (le chef des services de securite allemands equivalent du Mossad) que celui qui organise les jeux olympiques doit etre responsable, et qu'elle a ete leur responsabilite la-bas ? A cela il m'a repondu et apres lui Ben-Horin : 'c'est la police et elle n'est pas bonne. Il m'a dit que d'apres lui c'est 'le dernier clou dans l'armoire des morts' de Willy Brandt. Toute l'Allemagne sait que ca a ete honteux".

 

"Ce ne sont pas les terroristes que nous connaissons"

 

Le ministre Ygal Alon a dit a Zamir pendant la reunion ministerielle : "ce que tu racontes est ecoeurant, mais le plan n'a pas reussi parce qu'il n'etait pas bon. Les sortir du village olympique - pourquoi ils n'ont pas pense a une autre solution que par les armes ? Ils auraient pu les endormir dans l'autobus avec les israeliens". Zamir a repondu : "il n'ont pas de moyen d'action immediat. Tout leur prend du temps, et d'apres le comportement des terroristes, retrospectivement, je pense qu'ils ont eu raison dans leur raisonnement. Il (le terroriste) a pratiquement jete la grenade au phosphore sur lui-meme, ils etaient allonges a une dizaine de metres de l'helicoptere et les terroristes ont roule sur le sol pour s'eloigner de l'helicoptere en feu. Ce ne sont pas des terroristes tels que nous les connaissons. Le mort, que nous pensions mort, quand le blinde s'est approche apres qu'il etait deja au sol depuis une heure, il s'est retourne et avec ses dernieres forces il a ouvert le feu".

 

Quand Zamir a ete interroge sur la securite de la selection israelienne, il a repondu que l'officier de la securite de Bohn lui a raconte que les allemands ont pretendu avant les jeux olympiques qu'une telle chose ne pouvait pas arriver. "On lui a dit : qu'est-ce que tu crois ? Il y a ici un esprit olympique et il ne se passera rien". Malgre cela, Zamir declare aux ministres : "le responsable des renseignements allemands, Wassel, pretend que selon la police il aurait ete propose une garde speciale et que vous l'auriez refuse. Je lui ai dit : de quoi tu parles ? Nous avons entendu de notre chef de la securite quelque chose de tout a fait different. De chaque cote il y a deux versions sur lesquelles il faut enqueter".

 

Ils ont cru en leur programme ?", a demande le vice-premier ministre et ministre de l'education, Ygal Alon a Zamir. "Ils voulaient continuer les jeux olympiques et finir cette affaire d'une maniere ou d'une autre", a repondu le chef du Mossad. "Et ca s'est passe comme ils le voulaient... Ils n'ont pas plus assurer la securite de nos hommes que celle des leurs. Mais il y a une vision sur les rapports humains, et ca - selon tous les standards. Ils avaient un blesse et ils avaient une Jeep, et ils pouvaient partir en Jeep et le sauver. Et ils n'ont rien fait pour le sauver".

 

Meme le sujet du vol des terroristes vers l'Egypte a ete discute. Lors de la reunion de la commission exterieure et de la securite qui a eu lieu la veille, et dont le protocole est revele aussi. Les ministres ont mis a jour qu'en fait le president du comite olympique etait egyptien - sept ans avant l'accord de paix avec Israel - et qu'il etait implique dans les contacts avec les terroristes dans la tentative de mettre fin a cette histoire. Lors de la reunion du gouvernement qui a eu lieu apres le massacre, Zamir a raconte avoir entendu de l'ambassadeur que le chancelier Brandt avait essaye d'etre en contact avec le president egyptien, Anouar Sadat, pour verifier si il y avait un otage egyptien a libere si ils arrivaient au Caire. Alors Ygal Alon a rappele qu'il avait ete le seul a avoir proposer cette possibilite. "J'ai eu tres peur des echanges de feu, j'ai dit que j'avais peur qu'il y ait 3 ou 4 morts et je suis le seul a avoir proposer qu'il fallait peut-etre essayer de partir dans un pays arabe pour eviter une lutte armee".

 

"Consequence tragique d'une action ratee"

 

Zamir est rentre dans ses bureaux, dans les locaux du Mossad, et est revenu sur le rapport officiel, qui fut transmis par Israel aux allemands. Meme de ce rapport, publie ces derniers jours, ressort le chaos complet qui a regne sur l'aeroport a partir du moment ou le plan officiel des allemands s'est complique. "J'ai trouve le commandant de la police, il etait avec d'autres du commandement occupe a recevoir des informations. A la premiere occasion je lui ai demande ce qu'il se passait, parce qu'il fallait partir pour les helicopteres. Il m'a ete repondu qu'un assaut amenerait une reponse des terroristes et mettrait en peril la vie de ceux qui se trouvent dans les helicopteres, c'est a dire celle de nos hommes et des leurs, et que pour cette raison ils avaient demande des renforts blindes. A ce moment il n'y avait pas de tirs et le batiment etait bonde d'hommes en uniformes qui couraient dans tous les sens. Meme le commandant de la police, qui etait le responsable principal de l'operation, n'etait pas tout le temps au siege, pas dans son bureau, mais en mouvement dans le batiment, allant d'une piece a une autre, et cela donnait une image d'inaction et d'incompetence.

 

Du rapport de Zamir il ressort que seulement apres que les terroristes aient ouvert le feu sur le camion de pompiers, qui etait venu pour eteindre le feu de l'helicoptere (declenche par la grenade au phosphore lancee par un des terroristes), les allemands sont sortis et ont pris le controle du terrain.Pendant le temps precieux perdu a cause de la crainte de donner l'assaut, tous les sportifs israeliens ont ete tues. "Tous les passagers de l'helicoptere A, y compris l'allemand qui a ete blesse et gisait devant l'helicoptere, et le terroriste qui etait blesse et gisait un peu en arriere, ont ete brules. Les passagers de l'helicoptere B, 4 en tout, ont ete tues par balles".

 

תרשים של ראש המוסד, צבי זמיר, על ההתרחשויות במינכן (צילום: gettyimages)

Croquis de Tsvi Zamir

 

Zamir a aussi critique le role des allemands pendant l'echec de l'operation : "il n'y avait aucune raison de ne pas connaitre le nombre exact de terroristes. Ils connaissaient le nombre de nos sportifs, ils pouvaient en deduire le nombre de terroristes, sans parler des autres opportunites qu'ils ont eu de les voir et de les compter".

 

Il est encore ecrit dans le rapport : "il n'y avait aucune raison qu'ils n'y ait pas a l'aeroport les moyens suffisants pour montrer leur determination, et a cause de leurs gestion et de leur economie il a ete perdu un temps precieux. Je parle des vehicules blindes qui ont mis une demi heure a arriver, des moyens d'eclairage portables pour eclairer les zones d'ombre, des snipers installes tout autour afin de permettre a tout moment et de n'importe quel angle de tirer sur les terroristes. Il ne m'ait pas possible de lister l'armement de tous ces policiers, mais je veux quand meme preciser que je n'ai pas vu un fusil, pas un fusil a lunette. J'ai vu des dizaines de mitraillettes et des dizaines de pistolets qui ne sont pas des armes qui permettent un tir de precision".

 

"Je n'accepte pas comme juste le fait", marque encore Zamir dans son rapport avant de le signer, "que tout de suite apres la premiere vague de tirs l'assaut n'ait pas ete donne par la police avec des vehicules, des Jeeps, avec un eclairage adapte pour eblouir les terroristes, ou un assaut a pieds afin de liquider les terroristes, et ce malgre le danger de cette action. Je ne peux pas ne pas signaler la mediocrite et l'echec de cette operation de sauvetage ratee qui a amener a cette fin tragique".

 

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Les victimes de Munich 1972

 

A lire aussi sur le sujet une autre revelation sur l'attentat de Munich 1972 et le comportement des allemands apres l'attentat :

 

Les allemands ces collaborateurs - revelations sur l'attentat de Munich 1972  

 

Traduit de l'hebreu par David Goldstein pour Haabir-haisraeli 

Tag(s) : #Israel

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