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Sydney Engelberg est un professeur israelien d'universite qui a ete surnomme "l'homme qui murmure a l'oreille des bebes", et fut cette semaine le feministe le plus connu d'Israel, apres qu'une photo de lui reconfortant un bebe en pleurs, tout en continuant son cours, fut mise en ligne sur internet.

 

 

Mais si vous l'interrogez la-dessus il vous repondra qu'il ne peut pas se rappeler quand ou meme a quel moment cela s'est passe, pour lui ce moment "n'a rien d'exceptionnel ou d'inhabituel". Depuis des decennies, declare t-il, il encourage ses etudiant/es a venir en cours avec leurs enfants.

 

En Israel les étudiant/es commencent leur cursus universitaire plus tardivement que dans le reste du monde a cause du service militaire obligatoire (trois ans minimum pour les hommes et 22 mois minimum pour les femmes). Durant l’annee de voyage qui suit en general le service militaire, beaucoup d’etudiants se marient et ont des enfants.

 

"En Israel, en particulier, nous avons une orientation culturelle tres familiale", a-t-il declare, "beaucoup d'etudiant/es ont de jeunes enfants. Pour ces etudiant/es il est tres difficile de trouver une nourrice pour des periodes plus ou moins longues. C'est un besoin social que de s'adapter a eux". Mais c'est aussi une ideologie : "si on ne fait rien pour ces valeurs, alors a quoi bon leur enseigner ?"

 

Sydney Engelberg a 67 ans, il est conferencier a l'universite hebraique de Jerusalem, ainsi qu'a l'Etablissement d'enseignement superieur de Kiryat Ono (Ono Academic College), et il donne des cours de deuxieme cycle sur le comportement organisationnel. Plus tot dans la semaine cette photo de lui portant un bebe a envahi le net apres qu'un etudiant l'ait diffuse sur un reseau social israelien et que d'autres aient commence a la commenter. C'est alors que la fille de Sydney l'a reprise et poste sur sa page Facebook, en declarant "montrez moi un autre conferencier comme lui. Mon pere est le meilleur du monde".

 

Cette photo montre Sydney Engelberg debout face a un tableau blanc, tenant un enfant habille avec un pyjama bleu. Il a explique qu'il se souvient que le bebe a commence a pleurer et que sa mere voulait quitter la classe a cause de ca. Il a declare qu'il ne voulait pas que quoi que ce soit "trouble les etudes de la mere", alors il a pris le bebe dans ses bras et il l'a calme.

 

"Mon pere aime les enfants et les bebes, il a cinq petits-enfants, alors il a pris naturellement ce bebe dans ses bras", a declare sa fille Sarit Fishbaine a propos de cette photo.

 

La photo a d'abord ete postee sur Imgur le 11 mai 2015, et a ete vue plus d'un million de fois. Vendredi matin le post de Sarit Fishbaine sur sa page Facebook avait deja obtenu plus de 52000 likes et avait ete partage plus de 5000 fois. Les commentaires etaient tres positif : "j'ai les larmes aux yeux", "vraiment charmant" et "tellement humain !" Un homme a meme ecrit : "cela ne concerne pas que les meres. J'ai amene mon fils en cours quand il etait malade. Il a rampe, il a profite de la classe et de votre pere".

 

Depuis cette photo est devenue virale, Sydney Engelberg a raconte avoir ete contacte par des reporters du monde entier (Coree, Taiwan, Afrique du sud). Sa femme, Fredi Siskind Engelberg a declare a "Yahoo Parenting" qu'il avait meme commence a recevoir des lettres d'amour.

 

Dure d'etre mere et etudiante

 

Parmi les commentaires sur Imgur, un utilisateur, Cbarbz, fait la remarque suivante :

« Je n’imagine même pas ce que ça signifie pour une mère de savoir que quelqu’un valorise ses études et la soutient à ce point. »

EveryonesHiro ajoute :

« C’est bien pour lui d’avoir compris combien il est difficile d’être en même temps étudiante et mère et qu’elle essayait de se surpasser pour son fils. »

La diffusion rapide de la photo et le caractère éminemment positif des commentaires, chose rare pour tout article comportant Israël dans son titre, indique que les internautes se sont sentis reliés à lui à la fois par tendresse humaine et par soif d’exemples de féminisme dans la vie courante, de soutien au labeur quotidien d’une jeune mère.

Cette image donne un résumé rare de ces deux aspects dans un cadre institutionnel, un aperçu d’un monde dans lequel les femmes seraient soutenues par la communauté au sens large. Une incarnation de l’adage : « Il faut un village pour élever un enfant. »

Des enfants dans les couloirs de la fac

Grand-père de cinq enfants et professeur de psychologie sociale depuis 45 ans, le Dr. Engelberg raconte sur Yahoo ! Parenting :

« C’est parce que pour moi, l’éducation, ce n’est pas seulement transmettre un contenu, mais aussi enseigner des valeurs. Quoi de mieux qu’en faire un jeu de rôles ! »

A une question sur le nombre de bébés qui suivent ses conférences, il répond :

« Ce n’est certes pas inhabituel, mais je ne dirais pas que c’est la norme. Cela semble plus acceptable en Israël qui est une société très orientée vers la famille et la culture. »

Jonathan Kaplan, vice recteur de l’Ecole internationale Rothberg de l’université hébraïque, nous explique que la politique de l’université reflète les valeurs soutenues par Israël :

« Israël est une société très familiale, il n’y a rien ici de bizarre au fait que de jeunes mères emmènent leurs enfants au cours. On emmène souvent les bébés aux mariages ou aux cérémonies officielles, et pendant les vacances scolaires, il n’est pas rare de voir des enfants courir dans les couloirs des bâtiments universitaires. »

« Pas besoin d’en faire un gros problème »

Sur la page Facebook New Wave Feminists, des femmes se demandent si le fait d’autoriser des bébés dans un cours d’université est « accueillant » pour les femmes ou si cela distrait trop le groupe. Kelly Smith écrit :

« J’étais enceinte à l’université, j’avais un discours de clôture à faire dans le cadre du cours. Me hisser sur le tabouret face à la salle a été un défi. Il y a eu des chuchotements, j’étais très gênée. Le professeur avec simplicité m’a proposé son aide en cas de besoin. Tout le monde a bien rigolé et le calme est revenu.

C’est le meilleur encouragement que j’ai jamais eu… pas besoin d’en faire un gros problème, il suffit simplement d’être un bon soutien et d’aller de l’avant. »

Dans la même ligne, Judy Caldor Linderman ajoute :

« J’ai un prof d’anglais qui me disait de laisser mon petit de quatorze mois se promener dans la pièce. Un gars formidable, c’était il y a presque 30 ans quand je travaillais sur mon deuxième BS (Israel Summer Business Academy). Comme cet enfant vient juste aujourd’hui de terminer son master, vous pouvez imaginer combien ça a été payant. »

Ce fonctionnement de l’université hébraïque n’est pas le seul qui mérite d’être reconnu.

Rivka Carmi est la première femme à diriger une université israélienne et la première à présider la Commission des présidents d’université. Lors de son intronisation, la présidente Carmi a déclaré qu’une de ses missions la plus importante était de promouvoir l’égalité entre les sexes dans le système universitaire.

 

Rivka Carmi, presidente de l'universite Ben Gourion du Negev

 

Des salles d’allaitement sur le campus

Elle constate :

« Tout le système est taillé sur-mesure pour les hommes. Les femmes ont des besoins différents, des styles de vie différents et des rôles différents qui ne sont pas pris en compte dans ce système. »

Sous sa direction, l’université Ben-Gurion est devenue la première université Israélienne :

  • à ouvrir des salles d’allaitement sur les campus pour les femmes qui le souhaitent ;à installer des équipements pour une garderie (une seule des trois universités l’a fait) ;
  • et rendre la « tour d’ivoire » plus accueillante aux femmes et aux familles, avec des financements, la mise en place de procédures adaptées à leurs besoins familiaux pour aider les femmes qui font de la recherche.
  • La page Facebook du Syndicat des étudiants israéliens montre que les enseignants sont particulièrement accueillants pour les enfants : ils postent fréquemment des photos venant de tout le pays montrant des bébés dans une université.
  • Parmi eux, on trouve le cliché ci-contre d’un bébé consolé pendant un cours par un canard en caoutchouc jaune (professeur non identifié)

 

On peut voir également ci-dessus cet enfant dans les bras d’un enseignant dans ce qui apparaît comme une classe à prédominance féminine.

 

 

On y trouve également la photo ci-contre, partagée par Hadass Arussi, qui explique la situation :

« Au collège Beit-Berl, ma formatrice avec ma fille dans les bras pour qu’elle fasse son rot après avoir bu ! »

 

 

En partie adapte et traduit de l'anglais par David Goldstein a partir de l'article du journal The Jerusalem Post, et en partie repris sur le site Rue89 pour Haabir-haisraeli

Tag(s) : #Israel

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